Salaire ou patrimoine: du Tabou à la nébuleuse !

mercredi 11 août 2021 • 1202 lectures • 1 commentaires

Société 1 mois Taille

Salaire ou patrimoine: du Tabou à la nébuleuse !

iGFM - (Dakar)Au Sénégal, le sujet est Tabou. Citoyen lambda ou personnalités publiques, personne ne veut révéler les contours de ses émoluments ou de son patrimoine.

«On a l’habitude de dire qu’il y a certaines normes dans lesquelles vous pouvez convier n’importe quel individu. Mais dans votre intimité, souvent, certaines personnes qui vous sont très proches, n’osent pas empiéter sur cette sphère-là. C’est une partie de soi et le salaire en fait partie.» Ces propos sont du sociologue Abdourahmane Sanogo.
 
Le spécialiste explique qu’en Afrique, à partir de votre salaire, la société peut négativement comme positivement apprécier votre niveau de vie. L’autre aspect, c’est que beaucoup avancent la question du mauvais œil. A cela, il faut ajouter la modicité des salaires, au moment où l’estime et le respect conférés à l'individu dans la société, dépendent parfois du niveau de ses revenus. Ce qui pousse beaucoup de sénégalais à «envelopper d’un certain voile leur salaire afin que les uns et les autres puissent les considérer davantage.»
 
Seulement, ce secret qui enveloppe le salaire et les avoirs ne se limite pas au citoyen lambda. Pour, parfois, des raisons moins sociologiques, nombre de personnalités publiques soustraient leurs avoirs des regards. Quitte à, même, mettre ses biens aux noms de proches.
 
En effet, la déclaration de patrimoine, même rendue obligatoire par la loi, est devenue  difficile à faire appliquer. Pourtant, pour préserver les ressources publiques de toute prévarication, le décret n°2014-1463 du 12 novembre 2014, portant application de la loi n°2014-17 du 2 avril 2014 relative à la déclaration de patrimoine, est bien connu de tous.
 
Macky Sall: «Vaut mieux ne rien publier et cacher son patrimoine, cela attire moins de problèmes»
 
 En 2012, dès le début de son 1er mandat, le président Macky Sall s’est prêté à l’exercice. Entre villas et terrains au Sénégal, appartement à Houston, parts dans des sociétés immobilières, parc automobile, le patrimoine présidentiel s’est retrouvé sur la place publique, au cœur d’un tourbillon médiatique. Comment a-t-il pu en amasser autant, se demandaient nombre de nos concitoyens ? L’intéressé n’a pas aimé.
 
«J’ai tenu, pour la première fois dans l’histoire de ce pays, à déclarer publiquement mon patrimoine, malgré les polémiques entretenues à dessein par mes adversaires. Visiblement, il vaut mieux ne rien publier et cacher son patrimoine, cela attire moins de problèmes», avait-il déclaré dans les colonnes de Jeuneafrique.
 
Si le président de la République s’est prêté à l’exercice dès son entrée en exercice, nombre de ses ministres ont traîné les pieds. Il a fallu qu’il leur donne un ultimatum. En plein conseil des ministres, il avait signifié, «à tous les membres du Gouvernement, l’impératif de procéder, avant fin août 2020, à leurs déclarations de patrimoine auprès de l’Ofnac.» Jusqu’ici, nombre d’assujettis trainent les pieds.
 
Et pourtant, dans certains pays comme la France, le patrimoine des dépositaires du pouvoir public est rendu public et consultable en ligne. Il suffit juste d’aller sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Les déclarations d’intérêts et déclarations de patrimoine, tout est en ligne. A l’entrée comme à la sortie. Pourquoi les autorités sénégalaises ont-elles donc peur que leurs avoirs se retrouvent sur la place publique ?
 
Contacté par Igfm, le politologue Moussa Diaw explique que parmi ceux qui sont à la tête de ministères, de sociétés nationales  et autres, certains sont fonctionnaires. D'autres étaient, à la limite, sans emploi.  Et au bout de quelques années au pouvoir, ils s’enrichissent. Et la gestion de l’argent public «a permis à certains hommes politiques d’avoir des ressources parce que dans le passé, ce n’était pas des entrepreneurs.»
 
Le politologue parle d’un système d’accumulation de ressources une fois au pouvoir. «C’est extraordinaire parce que nous sommes dans des pays pauvres et que les hommes politiques pillent les ressources publiques pour s’enrichir». Et ces ressources frauduleusement amassées, leurs détenteurs les soustraient des regards à tout prix.


Ndéye Rokheya THIANE 

Cet article a été ouvert 1202 fois.

Publié par

Ndeye Rokheya Thiane

editor

1 Commentaires

Je m'appelle

Partager cet article

  

Options

logo iRevue

iRevue du 23 sept.

lune   Il est 15:58   •   temperature °C

Nous avons sélectionné les meilleurs articles de la journée.

Une revue sera automatiquement générée avec les meilleurs articles du moment sur les différents supports iGFM, Record et L'Obs.

MAGAL - les salaires payés ce jeudi, les pensions disponibles depuis hier

696 lectures • 0 commentaires

Société 3 heures

Triste accident à Fass Mbao: Un enfant de 10 ans étrangle mortellement son camarade

538 lectures • 0 commentaires

Société 4 heures

"Nous avons eu une victoire contre la Covid au Magal de l'année dernière.."

905 lectures • 0 commentaires

Société 1 jour

Magal 2021 : GFM remet 1000 packs d'eau au Khalife

1402 lectures • 1 commentaires

Société 1 jour

Magal 2021 : GFM reçu par le Khalife général des Mourides

1012 lectures • 0 commentaires

Société 1 jour

"Macky a aggravé la pauvreté au Sénégal..."

606 lectures • 1 commentaires

Société 1 jour

L’Union européenne et le Sénégal s’unissent pour dire «Stop» aux accidents !

Téléchargez notre application sur iOS et Android

Contactez-nous !

Daouda Mine

Directeur de publication

Service commercial