Son voyage en France, le possible départ de Gana, Qatar 2022...Cissé dit tout

mercredi 13 juillet 2022 • 3833 lectures • 0 commentaires

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Son voyage en France, le possible départ de Gana, Qatar 2022...Cissé dit tout

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iGFM (Dakar) De passage à Paris, le sélectionneur du Sénégal a longuement répondu aux questions de RFI. La victoire à la CAN 2021, les éliminatoires de la CAN 2023, la préparation pour la Coupe du monde au Qatar que les Lions de la Téranga ouvriront le 21 novembre prochain face aux Pays-Bas... Aliou Cissé a fait le tour d'horizon des futurs objectifs de son équipe.

Vous êtes de passage en France, mais on a du mal à imaginer que ce n'est que pour les vacances. Vous en profitez pour venir voir quelques joueurs et pour travailler un petit peu ?

C'est un petit peu les deux. Vous savez, ça fait pratiquement deux ans et demi que je ne suis pas revenu en France à cause de la pandémie de Covid. Effectivement, la première chose, que j'ai faite, c'est de venir voir ma mère. Ça faisait deux ans que je n'étais pas venu la voir. Le football, c'est très bien, mais je crois que la famille aussi a besoin de moi. Effectivement, j'en profite aussi pour rentrer en contact avec certains joueurs, mais pour l'instant, vraiment, cette visite, c'est surtout une visite familiale.

Cinq mois après le sacre du Sénégal, avez-vous eu le temps de digérer toutes ces émotions ?

Oui, on essaye de les digérer parce qu'il y a des échéances très importantes qui nous attendent et qui arrivent très vite. Après le sacre à la CAN, on a eu rapidement deux matchs très décisifs qui ont été les éliminatoires de la Coupe du monde face à la même équipe, l'Égypte. On a pu faire le travail et se qualifier. Par la suite, au mois de juin dernier, il y avait des éliminatoires aussi de la Coupe d'Afrique en 2022. Donc en réalité, depuis la victoire à la CAN, on n’a jamais arrêté et malgré cela, on a quand même bien négocié ces périodes après CAN, avec toute cette euphorie qu'il y avait autour de l'équipe nationale. Nous sommes très satisfaits et nous préparons vraiment cette Coupe du monde avec beaucoup de sérénité.

Avez-vous eu tout de même le temps de profiter un peu de tout ça ? De prendre un peu de recul ?

Oui, on essaye de prendre un petit peu de recul. Mais c'est un peu compliqué. Il y a toujours les gens qui vous ramènent à ça dans la rue, au restaurant et qui vous félicitent pour la victoire. Mais je crois que nous sommes des sportifs de haut niveau, des entraîneurs de haut niveau. C'est vrai que c'est bien de gagner, mais je crois que ce qui est plus important, c'est surtout mobiliser notre équipe pour continuer à gagner et Dieu sait que quand tu as gagné ce n'est pas évident, c'est toujours difficile parce qu'on est attendu. Quand on ne gagnait pas, il y a quelques années, on était déjà attendu, alors aujourd'hui lorsque vous gagnez forcément, vous avez ce costume de favoris.

Il s’est passé beaucoup de choses ces derniers mois depuis le sacre à Olembé, le retour à Dakar. Si vous deviez ne garder qu’un seul moment, le plus riche en émotion pour vous ?

Il y a beaucoup de moments que je peux garder. Mais je crois que quand le président de la République Macky Sall est venu nous accueillir avec tout son gouvernement et toute l’opposition du Sénégal, toutes branches confondues, musulmans, catholiques, croyants, pas croyants… Tout le monde était autour de cette équipe nationale, tous les cœurs étaient verts, jaunes, rouges. On a senti un Sénégal réunifié, un Sénégal fort et ça ce sont vraiment des moments exceptionnels. C’est vrai que quand le président Macky Sall, le gouvernement et l’opposition sont venus recevoir cette coupe et accueillir les Lions, on a senti que le Sénégal était un grand pays et je crois que ça, c'est un grand moment que je ne pourrais pas oublier.

On a eu le temps d’emmagasiner plus d’expérience collective. Aujourd’hui, nous y allons avec beaucoup d’ambition tout en restant aussi réalistes.

Vous regardez maintenant vers le Qatar vers la Coupe du monde. Ce sera l’échéance de la fin de l’année, mais avec quel objectif pour les Lions de la Téranga qui n’avaient pas passé la phase de groupe en 2018 ?

Quatre ans se sont écoulés, on a eu le temps d’emmagasiner plus d’expérience collective. Aujourd’hui, nous y allons avec beaucoup d’ambition tout en restant aussi réalistes. Il ne faut pas non plus oublier qu’à la dernière fois, nous avons été éliminés parce que nous avons pris un carton jaune de plus. C’était d'ailleurs une première pour une équipe d’être éliminée au carton. À côté de cela, c’est vrai que l’on a une équipe compétitive, mais je le disais, avant d’être champions d’Afrique, nous étions attendus, aujourd’hui, nous serons encore plus attendus. Nous avons des ambitions, mais ces ambitions doivent être réalistes et atteignables.

Ce serait quoi une Coupe du monde réussie ?

C’est d’aller le plus loin possible. D’abord sortir de la poule et à partir des huitièmes de finale, on sait que tout est possible. Vous gagnez, vous continuez. Vous perdez, vous rentrez à la maison. Je crois que ce genre de matches, on a l’habitude de les jouer. On a le vécu et l’expérience pour ça. En réalité, on y va vraiment avec beaucoup d’humilité, beaucoup d’ambition, mais aussi beaucoup de confiance.

C’est une Coupe du monde particulière, décalée à l’automne, avec une préparation tronquée pour l’ensemble des sélections avec des joueurs à leur pic de forme. Est-ce que cela peut rendre cette compétition encore plus belle ?

Je ne sais pas. Comme je le dis, on sera en pleine saison. À la CAN, on se plaignait qu'on manquait de temps de préparation, car nous n’avions que 15 jours. Là, on n'aura qu’une semaine. D’où mon inquiétude aujourd’hui de voir nos joueurs, leurs destinations et leurs transferts parce qu’il est important qu'entre juin, juillet, août, jusqu’à septembre et peut-être même novembre, ils soient compétitifs. Actuellement, certains joueurs sont en instance de départ, d’autres ne savent pas trop. Tout cela, c'est un casse-tête pour les sélectionneurs. Si nous arrivons avec des joueurs compétitifs entre juillet et novembre, on aura notre mot à dire sur cette compétition.

La préparation à la Coupe du monde va être très resserrée. Comment allez-vous gérer ce mois de septembre qui va être consacré aux éliminatoires de la CAN ? Est-ce que c’est ne pas une difficulté supplémentaire ?

Il y a un mois, j'ai lancé un appel au nom de tous les sélectionneurs africains qualifiés à la Coupe du monde pour faire savoir que l’on a besoin d’un minimum de préparation pour pouvoir représenter dignement, pas seulement le Sénégal, mais toute l’Afrique. C’est vrai que nous espérons que ces matches d’éliminatoires de la CAN en septembre soient décalés par notre confédération pour y mettre en lieu et place des matches amicaux afin que les cinq représentants du continent africains puissent vraiment se préparer. Nous croisons les doigts et avons bon espoir.

On a parlé aussi beaucoup ces dernières semaines du transfert de Sadio Mané au Bayern Munich qui s’est conclu assez vite. Est-ce que ça a été un soulagement pour vous ?

Tout à fait. En tant que sélectionneur, notre hantise, c'est de voir nos joueurs ne pas connaître rapidement leur destination. Le fait que Sadio Mané ait quitté Liverpool très vite, que les détails de son contrat aient été réglés, je pense que pour lui, c'est mieux. Il pourra vraiment bien préparer ces 4-5 mois qui vont arriver. En réalité, c’est ce que je voudrais pour l’ensemble de mon équipe. Que ces problèmes de contrats puissent être réglés d’ici septembre pour que l’on ne puisse penser qu’à la préparation de la Coupe du monde.

Parmi ces joueurs qui vont être soumis à une rude concurrence dans leurs clubs, il y a Abdou Diallo et Idrissa Gueye au Paris Saint-Germain. Le club recrute notamment au milieu de terrain. Vous conseillerez à Gana de quitter le PSG ?

Je ne comprends pas. Je pense que Gana a déjà fait ses preuves au Paris Saint-Germain. Je pense qu’il n’a pas été plus mauvais qu’un autre, que ce soit l’année dernière ou il y a même deux ans. Maintenant, ce sont les choix des propriétaires du club. Mais je n’ai aucun doute que Gana va trouver un club digne de ce nom où il va continuer à performer et montrer ses véritables qualités.

Est-ce qu’aujourd’hui, je peux me permettre de dire qu’un joueur qui ne joue pas dans son club n’est pas sélectionnable ? Non, je ne le ferai pas !

Le temps de jeu, c'est important ?

Le temps de jeu est important, bien sûr ! Tout sélectionneur a envie que ses joueurs jouent ! Mais la réalité est autre. À côté de cela, ce sont des joueurs professionnels. Ils s’entraînent normalement, ils sont dans un groupe de performance et ce sont les choix d’un entraîneur. Mais ça ne veut pas dire que le joueur est inapte ou blessé. Est-ce qu’aujourd’hui, je peux me permettre de dire qu’un joueur qui ne joue pas dans son club n’est pas sélectionnable ? Non, je ne le ferai pas ! J’ai été footballeur professionnel et je sais que par moment ce sont des choix d’un entraîneur par rapport à des situations dans le club. Donc j’encourage mes joueurs à continuer à travailler et on fera le point d'ici à quelques mois.

AVEC RFI

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Publié par

Mamadou Salif

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