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Trois questions à M. Begoto Miarom, pour faire le point sur la corruption en Afrique

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iGFM- En marge de la 3ème édition du dialogue annuel anti-corruption qui vient de se clôturer ce samedi 12 octobre à Kigali, M. Begoto Miarom, président du Conseil Consultatif de l’Union Africaine (UA) sur la lutte contre la Corruption a accordé une interview à iGFM, afin de faire le point sur l’état de la corruption en Afrique. 

M. Miarom, pourquoi ce dialogue aujourd’hui avec comme thème « Vers une position africaine commune sur le recouvrement des avoirs »?

Ce dialogue est une plateforme d’échange entre le conseil consultatif et l’ensemble des autorités nationales de lutte contre la corruption. Cette année, nous avons décidé de travailler sur l’élaboration d’une position africaine commune sur le recouvrement des avoirs.  Nous sommes partis d’un constat sur la base de différents rapports si bien émanent de l’ONUDC, de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire Internationale, mais surtout du Panel de haut niveau qui ont été mis sur pieds par les Nations Unies et l’Union Africaine, pour traiter de la question des flux financiers illicites. Toutes ces institutions internationales convergent sur un seul et même point. L’Afrique perd des milliards chaque année, évalués à plus de 50 milliards, et beaucoup de deniers publics sont détournés, et sont stockés vers des paradis fiscaux et dans les autres pays.

Et comment l’Afrique compte-t-elle s’y prendre pour récupérer ces avoirs?

Il est important pour le continent africain de réfléchir et d’adopter une stratégie commune, pour pouvoir récupérer ces biens qui sont logés à l’extérieur de l’Afrique, mais également au sein de notre continent. Parce que vous pouvez avoir des fonctionnaires corrompus, qui détournent les deniers publics d’un pays et vont les sécuriser dans un autre pays. Nous avions décidé, sur la recommandation de la conférence des chefs d’États et de gouvernements de l’Union Africaine, de proposer une position africaine commune sur le recouvrement des avoirs. Nous avons fait appel à toutes les parties prenantes sur la lutte contre la corruption aussi bien au niveau africain qu’au niveau international. Nous avions aussi fait appel au réseau existant au sein du continent, et nous avons également fait appel à l’expertise d’avocats et d’organisations internationales comme les Nations Unies, pour nous aider à l’élaboration de cette position africaine commune.

Depuis plusieurs années que l’Afrique perd d’énormes sommes justement. Espérez-vous arriver à recouvrir ces fonds un jour?

Aujourd’hui, nous ne pouvons pas vous dire oui à cent pour cent. Pris individuellement certains pays réussissent à récupérer cet argent qui est logé a l’extérieur. Le Nigeria le fait très bien, le Kenya également, mais nous nous sommes rendus compte qu’un seul doigt, comme on le dit, ne peut pas permettre de laver le visage. Donc nous devons unir nos forces, pour montrer aux autres continents que nous avons une seule et même position, que nous allons adopter une seule et même stratégie pour récupérer ces biens qui sont logés à l’extérieur.

Et puis, nous ne sommes pas pessimistes. Nous disons simplement que nous devons avoir une vision commune, un objectif commun. Lorsque nous nous serons entendus sur un objectif commun, nous allons élaborer des stratégies communes,  mais également et surtout renforcer les capacités de nos pays afin d’identifier, de saisir, de geler, de confisquer et de récupérer ces biens. Ce n’est pas un travail qui se fait en vase clos, mais lorsque l’Afrique sera unie sur cette position, l’Afrique fera appel aux différents partenaires pour nous aider à renforcer les capacités de nos pays, et à procéder au recouvrement de ces avoirs.

Monia Inakanyambo (Envoyée Spéciale à Kigali)

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