Victime d'une maladie cardiovasculaire et sans moyens pour se faire soigner- Sega Sakho, le cri de détresse d’un « guerrier »  

samedi 9 mars 2024 • 775 lectures • 1 commentaires

Actualité 2 mois Taille

Victime d\'une maladie cardiovasculaire et sans moyens pour se faire soigner-  Sega Sakho, le cri de détresse d’un « guerrier »  

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iGFM - (Dakar) Dans la vie, il y a des héros qui inspirent toute une nation et des destins brisés. Sega Sakho fut l'un puis l'autre. Figure de proue d’une équipe du Sénégal des années 1970, qui a donné au Sénégal sa fierté, l’ancien ailier gauche des « Lions » lutte aujourd’hui contre une maladie cardiovasculaire. Il lance un SOS aux bonnes volontés pour se soigner. 

On l’a trouvé un peu émoussé, pas parce qu’il vient de livrer 90 minutes intenses sur un pré, mais altéré par les années qui passent et une vilaine maladie qui le ronge depuis deux ans. On est bien loin de l’époque où Sega Sakho, cet ailier dribbleur hors du commun donnait le tournis à ses adversaires. C’est un vieux de 75 ans, cheveux blancs, marchant à l’aide d’une canne qui joue contre une maladie cardiovasculaire.

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Sega Sakho n’est pas du genre à se plaindre. « Avec lui, quoi qu’il arrive, ça va toujours ! », glisse une voix féminine, impressionnée par la résilience de l’homme. Lancien international sénégalais victime d’une maladie cardiovasculaire, a toutes les raisons de se lamenter, mais il semble trop digne pour ça. Trouvé devant sa demeure sise à Gueul Tapée à la rue 59, l’ancien virtuose du ballon rond, enveloppé dans son costume bleu de nuit, garde encore l’élégance qui le caractérisé sur les pelouses, même dans la souffrance.

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La maladie l’oblige à ne porter qu’une seule chaussure. Le gonflement de son pied gauche expose les rides de sa peau qu’il essaie de cacher sous son pantalon moulant. Les traits de son visage trahissent sa peine, qu’il dissimule sous un faux sourire. « La nuit, je souffre. J’ai tellement mal que parfois, j’oublie cette peine qui s’empare de tout mon corps », balance difficilement sa voix qui n’a pas été épargnée.  Hier sous le feu des projecteurs, aujourd’hui l’ancien joueur du Jaraaf de Dakar broie le noir, dans son coin perdu dans la Gueul Tapée.


La compagnie de ses copains lui apporte le réconfort par moment, « pour oublier la maladie » dit-il. Sauf qu’à l’heure de débourser pour ses frais médicaux, il cherche souvent le diable pour lui tirer la queue. La voix inaudible, la parole souvent coupée pour reprendre son souffle le « Maestro » explique difficilement ses maux : du début à ce jour. «Un soir, alors que je revenais du stade Iba-Mar Diop, mon cœur a commencé à palpiter. Vue qu’on m’avait diagnostiqué une insuffisance cardiaque, j’ai pris l’initiative de me rendre à l’hôpital pour une consultation, alors que je n’avais pas un sou avec moi. J’y suis resté pendant cinq jours et ils m’ont diagnostiqué une maladie cardiovasculaire que j’ai contactée il y a deux ans », explique le septuagénaire.


 « Au début, je me débrouillais et me battais mais on ne se bat pas contre son cœur. Je n’ai pas les moyens pour me soigner. Au début, il y a eu de bonnes volontés comme le chef de l’Etat et Cheikh Seck, président du Jaraaf, qui m’ont aidé pour l’hospitalisation. Mais ce n’est pas suffisant car la maladie continue de me ronger.  Aujourd’hui il me faut 3.360.000 francs pour me faire soigner. La Mairie de Dakar m’a offert 80% du montant, qu’elle versera directement à l’hôpital. Les 20% qui restent représentent les matériels conçus spécialement pour ce genre de soins. J’ai trois artères du cœur qui sont bouchées, qui doivent être déboucher selon les médecins. Actuellement, je souffre énormément. Mes pieds se sont enflés, je n’arrive plus à marcher correctement à cause de la douleur qui s’intensifie de jour en jour. J’ai mal », raconte Sega Sakho les larmes aux yeux.


L’Ancien international sénégalais jadis plein de vie, qui a bravé vents et marées pour l’Equipe nationale du Sénégal, estime avoir fait « énormément de sacrifice pour son pays » et que «ce serait dommage  qu’on laisse tomber au moment où j’ai le plus besoin de soutien ». Un SOS lancé aux bonnes volontés, par ce père de 5 enfants. 



« Il me faut 3.360.000 francs pour me faire soigner »



Né en 1949 à Rufisque, Sega Sakho, ailier gauche de formation a grandi dans les rues de la Médina et fait ses premières classes dans les championnats populaires à la zone A. Issu d’une famille de footballeur, (fils de Ibrahima Sakho ‘‘ancien capitaine de l’Union des Sélections Indigènes’’, neveu de Elhadji Malick Sy « Souris », frère de Elhadji Malick Sakho et de Tidiane Sy), le « Garrincha sénégalais » comme on le surnommait s’est révélé au grand public avec la catégorie des junior de l’Us Gorée en 1969, avant de rejoindre la Linguère de Saint-Louis lors de la saison (1970-1971). Son retour « chez lui » au Jaraaf de Dakar l’année suivante lui a ouvert le chemin de l’Equipe nationale du Sénégal. Mawade Wade, qui a perçu son immense talent, le recrute à ses 19 ans pour intégrer la sélection sénégalaise.  


 


Dribbleur avec une pointe de vitesse impressionnante pour sa taille, 1,75m, Sega Sakho est décrit par ses paires comme un joueur d’une allure élégante sur la pelouse. L’ailier gauche était doté d’une agilité pour sortir des dribbles qui frisent l’insolence. Loin de cette époque où il faisait miroiter les défenses adverses, Sega Sakho se plonge dans ses profonds souvenirs pour un peu sortir sa douleur de la tête. Ses mémoires lui redonnent un brin de sourire qu’il affiche au coin de la lèvre avant de les raconter. « Cette anecdote pourrait résumer le genre de joueur que j’étais », dit-il. « C’était un match contre le Togo à Lomé. Mené (1-0), dès les premières minutes, Mawade Wade m’appel et me dit ‘‘Sega ne nous joue pas ton football de gaulois’’ et je décide de répondre sur le terrain. Je prends la balle, dribble l’ailier, puis le latéral et fais un petit pont sur le défenseur central avant de centrer pour Bamba Diarra, de la tête, il égalise (1-1). Cinq minutes après, je dribble encore tout le flanc de la défense togolaise, et donne une passe décisive teintante à Petit qui la met au fond des filets (2-1). Le troisième but, je dribble tout le terrain pour marquer mon but d’une talonnade », se rappelle Sega Sakho. Un retournement de situation qui lui a permis de garder sa place en Equipe nationale alors que Mawade Wade le menacer de l’exclure avec Ibrahima Ba Eusebio, Assane Tall, Biram Ly, Demba Mbaye, Assane Mboup, Malick Diallo, Boubacar Sarr Locotte, Bamba Diarra, « à cause d’une sortie nocturne ». 



« On a bourlingué à travers les avions, en allant de pays en pays pour représenter dignement le Sénégal. Avec l’Equipe nationale, nous sommes allés au Mali, puis au Burkina-Faso, au Ghana, après la Côte d’Ivoire avant de reprendre l’avion pour le Cameroun, le Congo avant de revenir à Dakar, avec seulement 5000 francs Cfa pour chaque joueur. Pour dire que l’argent ne compte pas quand il s’agit de défendre les couleurs de la nation. Quand les autres allaient à l’école, nous, on allait partout pour défendre notre nation. On n’a rien gagné, mais on a beaucoup fait pour le Sénégal. Je me suis battu sur tous les terrains d’Afrique pour le drapeau national. Donc ceci est un appel de détresse », craque Sega Sakho. 



SILEYE NGUETTE

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Publié par

Harouna Fall

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