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Aly Ngouille Ndiaye et ses services démontent le livre blanc d’Idy

Actualité/Politique

IGFM – L’Administration a jugé très graves les accusations de complicité de fraude à l’élection présidentielle du 24 février 2019, portées contre elle par la coalition «Idy 2019». C’est pourquoi le ministère de l’Intérieur a trouvé nécessaire d’apporter des réponses aux observations relevées dans le livre blanc de la coalition qui avait porté la candidature de Idrissa Seck.

Idrissa Seck a réussi au moins un coup après la Présidentielle du 24 février 2019 : c’est d’avoir secoué l’administration. Non pas dans son fonctionnement interne, mais en affectant sa «crédibilité» et en mettant en cause sa neutralité par rapport à l’organisation de la consultation électorale qui a consacré la victoire, au premier tour, du candidat Macky Sall à 58,27%. L’argumentaire développé par Idrissa Seck et ses alliés de «Idy 2019» dans le livre blanc publié intitulé «Election présidentielle 2019 : Observations saillantes sur un hold-up électoral», a affecté l’administration. Au point que le ministère de l’Intérieur trouve nécessaire d’apporter la réplique. Aly Ngouille Ndiaye et ses services ont voulu respecter les formes dans l’exercice de démenti des allégations de Idy 2019.

C’est un document de 26 pages qui est produit pour démonter, point par point, les accusations contenues dans le livre de 46 pages des alliés du Président de Rewmi. Dans l’exercice de rétablissement de la vérité, Aly Ngouille Ndiaye a trouvé ses contempteurs sur leur terrain, mais en choisissant ses propres armes.

«Preuve de l’inexistence d’un unilatéralisme décisionnel» : Dans le document du ministère de l’Intérieur, l’on s’étrangle de rage en lisant «l’abondante littérature développée dans un chapitre curieusement intitulé « Concertations sur le processus électoral : quelques propositions pour assurer la sincérité des échéances électorales à venir». Aly Ngouille Ndiaye et ses services ont tenu à rappeler «qu’un cadre de concertation a bel et bien été aménagé avant les élections du 24 févier 2019 afin de permettre aux différents acteurs du jeu politique d’arriver à un consensus sur tout le processus. Seulement, une partie de l’opposition avait adopté maladroitement la politique de la chaise vide en s’attardant sur des procès d’intentions et des attaques crypto personnelles». Mieux, le document relève que juste après sa nomination à la tête du ministère de l’Intérieur, Aly Ngouille avait convié l’ensemble des partis politiques et les différents acteurs du processus électoral à une réunion de prise de contact, le 21 novembre 2017.

Aussi, le document ajoute que «des conclusions de cette rencontre de concertation, était ressortie la décision de mettre en place un Cadre de concertation sur le processus électoral». Un espace de dialogue «qu’une frange de l’opposition, dont celle regroupée au sein de la Coalition «Idy 2019», avait boycotté. Néanmoins, souligne le document-réponse de Aly Ngouille Ndiaye, «des réunions du Cadre de concertation se sont tenues, du mardi 12 décembre 2017 au vendredi 2 février 2018, à la Direction générale des élections (Dge), sous la présidence de l’Ambassadeur Saïdou Nourou Bâ et en présence des partis politiques ne se réclamant ni de l’opposition ni de la majorité, mais aussi des partis de l’opposition qui avaient écarté toute idée de boycott».

Sur le parrainage décrié dans le livre blanc de la coalition «Idy 2019», les services du ministère de l’Intérieur ont tenu à préciser que les critiques formulées par le Président de Rewmi et ses alliés ne tiennent sur rien. Ils ont rappelé que c’est «l’ensemble des acteurs du processus électoral qui s’était accordé sur la nécessité de rationaliser les candidatures aux élections. Cependant, des divergences subsistaient sur les modalités de cette rationalisation». Et malgré le vote de loi qui institue le parrainage, «le chef de l’Etat avait instruit le ministre de l’Intérieur de mettre en place une commission ad hoc chargée de réfléchir sur les incidences de la loi et ses modalités d’application». Encore une fois, le document note que «l’opposition dite radicale, dont celle regroupée autour de Idy2019, avait décidé de boycotter les travaux de cette commission».

«Fiabilité du fichier électoral» : En lisant les premiers éléments de réponse servis par le ministère de l’Intérieur aux doutes émis par «Idy 2019» sur la fiabilité du fichier électoral, l’on sent que l’administration est affectée par les accusations qui visent toute la chaine du réseau territorial. Lequel est accusé d’avoir «scrupuleusement exécuté» «l’absence systématique de l’opposition dans les commissions administratives voulue et programmée par la haute hiérarchie», en violation de l’article L.39 du Code électoral. Dans son document, le ministère fait la leçon à la coalition de Idrissa Seck par rapport à certains passages de son livre blanc. «Au delà des attaques personnelles et parfois injurieuses à l’endroit de hauts cadres de l’administration que le devoir de réserve, le sens de la République et l’amour pour la patrie contraignent de souffrir en silence les affronts répétés d’acteurs politiques, dont nombre ne justifient leur outrecuidance que par leur propension à se réfugier derrière le principe démocratique de la liberté d’expression, la coalition Idy2019 fait montre d’une légèreté et d’une méconnaissance coupable de la règlementation en matière d’inscription sur les listes électorales», lit-on dans le document.

Et pourtant, d’après les arguments développés par les services de Aly Ngouille Ndiaye, la fiabilité du fichier électoral ne souffre d’aucun doute. En atteste le quitus délivré par les experts de l’Union européenne. Et le document de réfuter, «de la manière la plus solennelle, les accusations sans fondement d’atteinte à l’intégrité du fichier électoral et de fraude à l’état civil contenues dans le document de la coalition Idy2019 et que l’opinion publique avait déjà tenues de Barthélémy Diaz». D’ailleurs, l’administration décèle les contrevérités sur «la constitution du fichier électoral sur la base de l’état-civil». Le document décèle «des non-sens dans l’argumentaire», mais tient à apporter des clarifications. «Le Sénégal, il convient de l’admettre, n’est pas épargné par les problèmes d’état-civil dont souffrent nombre de pays africains. C’est d’ailleurs, en réponse aux difficultés que connait l’état-civil que la biométrie a été introduite dans notre système électoral pour que la voix de l’électeur ne compte qu’une seule et unique fois dans le décompte des résultats», justifie-t-on.

«Codes inexistants dans le répertoire de codification» : Dans son audit du fichier électoral, «Idy2019» dit avoir relevé des «irrégularités d’une extrême gravité». Aly Ngouille Ndiaye et ses services en rient et expliquent que «l’argument selon lequel la Direction de l’automatisation du fichier (Daf) accepte des extraits de naissance dont les intéressés sont nés avant la date de création des centres d’état-civil et qu’en cela, elle commet une irrégularité, ne résiste pas à la critique». En réalité, poursuit le document-réponse à Idrissa Seck et ses alliés, «la date de création d’un centre d’état-civil n’est pas forcément liée à la date de création de la commune à laquelle elle est rattachée. A la création d’une commune, il est fréquent que des centres d’état civil existent déjà dans le territoire communal». L’administration donne l’exemple du centre Abass Ndao, avec le code 755, actuellement rattaché à la commune de Médina, a existé bien avant la création de cette dernière».

Dans un tableau mentionné aux pages 39 et 40 du livre blanc, la coalition Idy2019 a évoqué «des codes inexistants dans le répertoire de codification». Mais, d’après l’administration, «la vérité têtue des faits» révèle que ces codes sont réels, qu’ils existent tous bel et bien, et sont tous répertoriés au niveau de la Daf. A titre d’exemple, le ministère de l’Intérieur donne encore une fois l’exemple du code centre d’état-civil «699» déclaré inexistant est le code de «Linguère». Donc, «celui du ministre Aly Ngouille Ndiaye, du ministre d’Etat Habib Sy et des 14 038 autres électeurs nés à Linguère, qui apprécieront le point de vue de la coalition Idy 2019 sur leur «inexistence».

NDIAGA NDIAYE

 

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