Des manifestants dans les rues de Londres contre la venue de Trump

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iGFM (Dakar) Après avoir rencontré Theresa May, le président états-unien devait rejoindre le palais de Windsor, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Londres, pour prendre le thé avec la reine Elizabeth II.

Venu rencontrer la première ministre britannique ainsi que la reine, Donald Trump a commencé vendredi 13 juillet une visite très surveillée au Royaume-Uni. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé bruyamment dans les rues de Londres vendredi après-midi contre sa visite. Un « carnaval de la résistance » contre le président américain jugé « misogyne, homophobe, xénophobe ».

« #DumpTrump » (« Trump à la poubelle »), ou « Même ma mère, qui aime pourtant tout le monde, ne peut pas t’encadrer », pouvait-on lire sur les pancartes et banderoles brandies par les participants. « Non à Trump, non au KKK [Ku Klux Klan], non à l’Amérique fasciste ! », chantaient-ils en descendant sous un soleil resplendissant la grande artère commerciale d’Oxford Street pour se rendre à Trafalgar Square, en plein cœur de la capitale britannique.

Notre correspondant à Londres, Philippe Bernard, s’est rendu sur place : La manifestation londonienne, divisée en deux marches, l’une de femmes, l’autre regroupant une coalition d’organisations, constitue le point d’orgue du mouvement de protestation contre la visite de Donald Trump au Royaume-Uni. Celle-ci avait été longtemps différée par crainte de la réaction des détracteurs du président américain, ulcérés à l’idée que leur pays lui déroule le tapis rouge.

« Misogyne, chauvin, homophobe, xénophobe »

« Donald Trump est misogyne, chauvin, homophobe, xénophobe et promeut le sectarisme », a déclaré Georgina Rose, 42 ans, participante de la « Marche des femmes ». Passant devant le 10, Downing Street, la résidence de la première ministre britannique, des manifestants ont sifflé Theresa May, qui avait été la première dirigeante étrangère à se rendre à Washington pour rencontrer M. Trump après son investiture, début 2017.

Dawn, 49 ans, est elle venue avec sa fille de 11 ans, Sadie. « Trump est l’homme avec le plus grand ego aux commandes de la plus grande puissance mondiale. Il n’a pas la moindre idée de ce dont le monde a besoin », a estimé cette mère de famille. Une vingtaine d’artistes drag-queen ont pris part au défilé, dont Joey « Bourgeoisie » Frenette, 27 ans, originaire de Washington et installé au Royaume-Uni depuis huit ans : « Je pense qu’il incarne une représentation particulièrement négative de ce que l’Amérique doit donner au monde. »

Des manifestants ont fait flotter dans le ciel londonien, près du Parlement, un ballon géant représentant un Donald Trump en couche-culotte, vendredi 13 juillet.

Plus insolite : dans la matinée, un ballon géant représentant un Trump en couche-culotte a flotté près du Parlement, une initiative qui a reçu le feu vert du maire de Londres, le travailliste Sadiq Khan, objet de nombreuses attaques verbales du président américain.

« En tant qu’Américain, je trouve ça génial. C’est une façon pacifique de protester », a commenté Brett Kirchner, 25 ans, originaire de Caroline du Nord, sur la côte est américaine. Même si, comme il en a convenu, « il y aura aux Etats-Unis des gens qui sont très contrariés par cette protestation et qui pensent que c’est insultant ».

Le parcours des manifestants tenait cependant M. Trump éloigné des protestations. Après s’être entretenu avec Mme May, M. Trump avait en effet rendez-vous, en compagnie de son épouse Melania, au palais de Windsor, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Londres, pour prendre le thé avec la reine Elizabeth II.

Plus tôt dans la journée, le président des Etats-Unis avait fait une entrée fracassante sur le sol britannique en soutenant, dans un entretien au tabloïd The Sun, les détracteurs de la première ministre partisans d’une rupture nette avec l’Union européenne.

LeMonde.fr

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