Grogne sociale, libération de Khalifa Sall: Comment Idrissa Seck veut mettre la pression sur Macky ?

Politique

iGFM – (Dakar) La guerre de communication larvée entre l’ancien premier Ministre et Macky Sall prend, ces derniers temps une ampleur inattendue des deux côtés. La grande question, des semaines passées, était la stratégie du régime de n’envoyer que des «seconds couteaux » pour ébranler l’édile de Thiès qui semble, de plus en plus, prendre goût à ce duel «Idy- Macky» désormais politiquement installé. D’ailleurs, aussi bien les sorties de Mame Mbaye Niang qui voulait ressusciter la stratégie du «caniveau» ayant même inspiré, un bref instant de «buzz», Talla Sylla, semblait relever d’un «disque rayé qui ne faisait plus vraiment recette, tellement la donne a changé», analyse ce politologue.  

Mais, l’entrée en scène du Premier Ministre, connu jusqu’ici pour sa réserve, a dû intriguer plus d’un sauf qu’elle risque de rendre plus accessible le cœur du régime et réduire les «divisions» pour le challenger si l’on se réfère à la métaphore sportive d’un Mimi qui cherche à se donner de la voix, profitant de circonstances qui pourraient la sortir de « l’oubli politique au sein de sa propre famille », selon la sévère expression d’un confrère de la place. On pourrait, cependant, se demander si la bataille politico-médiatique, avait atteint une situation poussant à la stratégie de la «terre brûlée» au point de devenir la priorité du régime devant même la «communication par le bilan» encore empêtrée dans les difficultés du front social en ébullition.

«Mais, dans l’art de la guerre, le déplacement ou la multiplication des fronts peut distraire l’adversaire le plus coriace et le plus acharné», rappelle un analyste politique,  surtout que, rappelle t-il «la grogne sociale avec la crise de l’enseignement semble mettre quelques grains de sable dans la machine de communication présidentielle» qui ferait d’ailleurs appel à un «sorcier blanc», réputé communicant «sans frontières », nommé ….Khouchner.

C’est que, d’après des sources très proches du Président de Rewmi, Idrissa Seck travaillerait sur un autre front avec un autre dossier qu’il semble vouloir porter: la libération de Khalifa Sall pour laquelle, certains disent qu’il veut «accentuer la pression sur Macky Sall». Dans un cercle privé, il aurait même laissé passer que «Macky Sall devrait cesser de se servir de la justice pour emprisonner ou déporter des adversaires politiques». Double clignotant d’un Idy cherchant à rassurer, vers Doha et Rebeuss ? Comprendra qui cherchera à comprendre.

«L’internationalisation du combat pour la libération de Khalifa semble le hanter au point qu’on se demande si un autre canal de communication entre les deux aurait été trouvé au-delà de l’indiscret parloir de Rebeuss qui lui est même souvent interdit faute de permis», affirme cet autre membre du parti Rewmi sous le sceau de l’anonymat.

Pour ce même proche collaborateur, «depuis quelques jours, l’organisation de l’agenda de Idy ne tourne qu’autour du 30 mars ; il y travaille et multiplie les schémas dont l’internationalisation de cette bataille en plus de la pression politique qu’il essaye d’imposer à Macky se saisissant de la grogne qu’il dit entendre lors de ses tournées à l’intérieur ».

En tout cas, la couleur semble annoncée pour les jours à venir au moment où, à la veille d’un délibéré qui sera historique et d’un enjeu de taille pour la reconfiguration de l’espace politique sénégalais en direction de 2012, un calme presque plat semble interroger les observateurs pour le moins circonspects.

Est-ce le même calme qui, généralement, précède les tempêtes politiques surtout si tout doit d’abord passer par la «case» justice ? Que prépare vraiment l’opposition qui semblerait ficeler une stratégie dont les agissements d’Idrissa Seck de ces derniers jours donnent un discret aperçu ? Ou bien, Idrissa Seck veut-il s’adonner à la stratégie combinant bataille politique intérieure et pressions internationales autour d’un «combat de principe pour la justice» ? Les prochains jours, peut-être, nous édifieront. 

Soukeyna Fall. Journaliste Analyste politique. Leiden (Pays Bas)

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