Agnam, Matam : Mobilisation générale contre le permis phosphate d’Amafrique SA, les populations interpellent Diomaye

dimanche 21 juin 2026 • 871 lectures • 0 commentaires

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Agnam, Matam : Mobilisation générale contre le permis phosphate d’Amafrique SA, les populations interpellent Diomaye

iGFM - (Dakar) Rare par son ampleur. Une mobilisation générale a paralysé la zone des Agnam, dans le département de Matam, ce samedi. Imams, chefs religieux, dignitaires et mouvements de jeunesse ont fait front commun pour dire non à la prospection de phosphate autorisée à Amafrique SA.

Pour marquer la sacralité de la contestation, les autorités coutumières ont interdit tout accès en véhicule motorisé ou moto. Le maire des Agnam et député à l’Assemblée nationale, Mouhamadou Ngom dit Farba Ngom, s’est plié à la règle en arrivant sur les lieux en charrette. Un geste présenté comme la preuve de la "communion totale entre élus locaux et base populaire".


La journée a été rythmée par des prières collectives et des récitals du Saint Coran dirigés par les imams et marabouts des daaras. Les responsables locaux ont proclamé leur intention de s’opposer "par tous les moyens" à l’entrée des engins de la compagnie minière, se disant prêts au "sacrifice suprême" pour préserver leur patrimoine. Des dispositifs de surveillance du site ont déjà été structurés par les chefs coutumiers.


Le conflit remonte à avril 2026. Le Directeur général des Mines et de la Géologie, Ibrahima Gassama, a accordé une autorisation de prospection à Amafrique SA, représentée par Mansour Bousso. Les populations dénoncent l’absence de concertation : ni le bureau municipal, ni les chefs de village, ni les autorités religieuses n’ont été consultés. 


Le maire Farba Ngom avait publiquement exigé l’intégration des collectivités dans ce type de décision. Les riverains pointent aussi un risque sanitaire : l’extraction serait prévue à seulement 500 m à 1 km des habitations. Ils redoutent les impacts sur la santé publique sur des terres qui constituent leur "unique espace de vie et de culture".


La tension n’est pas nouvelle. Des affrontements entre habitants et gendarmerie avaient déjà conduit à la destruction d’une machine de prospection d’Amafrique SA. Le gouverneur de Matam, Saïd Dia, avait alors suspendu temporairement les travaux.


L’accalmie a volé en éclats avec l’incarcération de trois jeunes à la maison correctionnelle de Matam, accusés de vandalisme par l’entreprise. Une détention d’une semaine jugée "abusive" par les dignitaires, qui dénoncent l’absence de preuves matérielles et réclament une libération immédiate. Ils condamnent un "passage en force" des forces de défense et de sécurité.


Face à l’impasse, les autorités traditionnelles et religieuses demandent des clarifications au nouveau ministre des Mines et de la Géologie sur les conditions d’octroi du permis. Elles lancent surtout un appel solennel au président Bassirou Diomaye Faye pour qu’il intervienne et "stoppe les initiatives de Mansour Bousso", accusé d’instrumentaliser une convention avec la gendarmerie.


"Le président est le chef suprême, le Fouta fait partie du Sénégal, et c’est notre président, à nous tous. Nous lui demandons d’arrêter ce projet et de nous soutenir, comme il l’a fait pour Ndiaël. Nous sommes des citoyens, nous sommes des Sénégalais", a déclaré un porte-parole.


La détermination reste intacte à Agnam. Les représentants préviennent qu’en l’absence d’arbitrage présidentiel, la situation pourrait se dégrader, jusqu’à "l’irréparable" – une issue qu’ils disent vouloir éviter.

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Publié par

Mame Fama GUEYE

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