Décès de Mouhamadou Samoura - Le père des Télécoms au Sénégal n'est plus

vendredi 26 juin 2026 • 96 lectures • 0 commentaires

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Décès de Mouhamadou Samoura - Le père des Télécoms au Sénégal n\'est plus

iGFM- (Dakar) Le décret divin est tombé hier matin, à l'hôpital militaire de Ouakam, à Dakar : Mouhamadou Samoura est décédé.

Kediakhou Mahmoudou, comme il est affectueusement appelé par ses proches, est né à Kondokhou en 1940, il nous quitte ainsi à l'âge de 86 ans.


Il était, pour moi, un grand frère, un père, un héros et un mentor, pas seulement, parce que lui et moi sommes du même village ou du même clan.


Parce que Mouhamadou Samoura est un personnage de légende, mais qui n'a jamais aimé disputé aucune place, aucun titre, aucun honneur.


Il est ce que ses talents, ses compétences et ses réalisations lui ont donné le droit d'être devenu : un homme exemplaire qui a construit de ses mains notre monde numérique actuel.
Bachelier de la série C du lycée Faidherbe en 1962, il passe par le lycée Champollion de Grenoble pour des classes préparatoires aux grandes écoles en 1963 et 1964.


Brillant étudiant, il obtiendra un double titre d'ingénieur en télécommunications en 1969 à l'école supérieure d'électronique et d'automatique de Paris et en électronique de l'école nationale supérieure des télécommunications de Paris en 1971.


Revenu au Sénégal après avoir acquis en France une solide expérience dans son métier, il se fera très vite distingué comme un ingénieur terrain rigoureux et orienté résultats.
Il sera nommé chef de division commutation puis Directeur de l'école multinationale des télécommunications de Rufisque entre 1974 et 1978.


En 1978, il sera nommé par le Président Leopold Sedar Senghor comme Directeur technique de l'office des postes et télécommunications, où il restera jusqu'à la création de Sonatel SA qu'il aura pensé et mise en œuvre de A à Z.


Il ira ensuite diriger l'union africaine des postes et télécommunications basée à Brazzaville jusqu'en 1994 avant de venir prendre sa retraite à la Sonatel SA en qualité d'inspecteur général chargé de veiller au bon fonctionnement des prestations fournies par notre opérateur téléphonique national.
En plus d'avoir pensé et réalisé l'interconnexion du réseau de télécommunications sur tout le territoire national et dans la sous région, Monsieur Samoura a conduit les premiers groupes d'experts à l'union internationale des télécommunications qui ont mis en place les codes et les règles qui ont jeté les bases du monde multimédia qui est aujourd'hui le notre.


L'école supérieure multinationale de télécommunications est aussi une de ses œuvres, où des centaines d'ingénieurs de haut niveau sortent pour fournir aux populations africaines les meilleurs services dans l'économie numérique.


Monsieur Samoura a été, aussi, l'un des pionniers de la fibre optique qu'il a installé déjà en 1978 dans le réseau Panaftel contre l'avis de ses collègues français qui croyaient que cette technologie n'avait aucun avenir.


Après sa retraite, il conduira des missions de consultant pour bâtir les systèmes de télécommunications dans de nombreux pays, il entrera en politique et sera élu Président du conseil régional de Tambacounda.


Je retiendrais de lui, le souvenir de celui qui m'appelait "mon jeune frère bien aimé", trois choses fondamentales.


D'abord, le sens des responsabilités qui le caractérisait si bien.
Ponctuel, fiable et attentionné dans tout ce qu'il devait faire au bureau, à la maison ou dans la société.


Ensuite, l'éthique et l'intégrité.


Un de ses ministres de tutelle l'avait surnommé le sahelien, celui qui ne "mangeait pas" car il n'acceptait jamais ni dessous de table ni n'abusait jamais des privilèges.
Par exemple, même quand il avait le droit de voyager en classe business il préférait prendre place en classe économique car, selon lui, nos pays n'ont pas assez de ressources et il faut bien utiliser le peu qu'on a.


Et, enfin, le pragmatisme.


Pour un ingénieur ce n'est pas étonnant, mais chez Mahmoudou Samoura le pragmatisme était érigé en norme, tant dans le travail et dans la vie sociale.
Pour lui, il faut se concentrer sur ses forces et non sur ses faiblesses, sur les opportunités et non sur les menaces.


Sûr, il me manquera et il me manque déjà.


En cette circonstance douloureuse, je présente mes condoléances à son épouse Simone, à ses enfants Nathalie, Hélène, Frédérique, Papi et Mamba, à ses frères Dialla, Saibo et Nare entre autres.
De chacun-e de vous, je sollicite des prières pour le repos de ce bâtisseur de nations et de fiertés !
Tamba Danfakha

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Publié par

Harouna Fall

editor

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