Réforme de la SNR : Vers un nouveau modèle de recouvrement pour assainir l’écosystème financier sénégalais

mercredi 10 juin 2026 • 126 lectures • 0 commentaires

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Réforme de la SNR : Vers un nouveau modèle de recouvrement pour assainir l’écosystème financier sénégalais

iGFM - (Dakar)  La Société Nationale de Recouvrement (SNR) se trouve à un tournant stratégique de son histoire. Lors d'un séminaire dédié au diagnostic financier et comptable de l'institution tenue ce mercredi, ses dirigeants ont exposé les grands axes d'un projet de réforme législative majeur. L'objectif : moderniser les textes fondateurs de 1991 pour adapter l'agence aux réalités d'un écosystème financier en pleine mutation.

L'extension des compétences aux créances commerciales



Face à la prolifération des actifs toxiques qui pèsent sur les finances nationales, l’ASNR ambitionne d'élargir son champ d'action historique. Cantonnée jusqu'ici au recouvrement des deniers et créances publics, la réforme prévoit d'étendre ses prérogatives aux créances commerciales.


Grâce à une expertise de plus de 30 ans et un personnel hautement qualifié, l'institution se positionne désormais comme une solution clé pour aider l’État et les acteurs financiers à absorber les créances en souffrance. Mieux encore, la SNR pourrait à l'avenir acheter directement ces créances en souffrance auprès des banques commerciales de la place, permettant à ces dernières de nettoyer leurs bilans et de relancer la machine du crédit.


Le fardeau historique des banques dissoutes en 1991



Pour comprendre les défis structurels de l'ASNR, il faut remonter à sa genèse. À la suite de la restructuration bancaire imposée par les bailleurs de fonds au début des années 1990, l'État du Sénégal avait dû liquider plusieurs banques publiques lourdement déficitaires (BSK, BNDS, AssurBank, SonaBank, Senusudit). L'ASNR a ainsi hérité d'un passif initial abyssal de 90 milliards de FCFA, sans aucun actif réel pour le compenser.


Bien que l'agence ait réussi, grâce à ses bénéfices d'exploitation successifs, à éponger une partie de ce gouffre, le report à nouveau négatif culmine encore à 86 milliards de FCFA. Face à ce constat, les experts préconisent une approche pragmatique : établir la situation financière de la SNR "hors héritage", afin de dissocier les performances réelles de l'exercice actuel de ce lourd passif trentenaire.


« La SNR recouvre indirectement des deniers publics. Lorsque les structures parapubliques font face à des difficultés, l'État injecte des ressources et nous confie le recouvrement. À ce titre, l'agence mérite des prérogatives fortes et des dérogations fiscales adaptées pour accomplir sa mission. »



Un modèle d'autonomie financière envié dans la sous-région



Malgré ce bilan plombé par l'histoire, la trajectoire opérationnelle de la SNR reste exemplaire. Fait rare pour une entité de cette nature, elle n'a jamais bénéficié de subvention publique. Elle assure l'intégralité de ses charges courantes, de ses salaires et s'acquitte régulièrement de ses obligations fiscales auprès de l'administration.


Cette rigueur de gestion lui a valu d'être sacrée première société de recouvrement en Afrique de l'Ouest. Une success-story sénégalaise qui suscite l'intérêt de nombreux pays de la sous-région, à l'image du Togo, de la Côte d'Ivoire, du Niger, du Bénin ou du Mali, désireux de s'inspirer de son modèle pour optimiser leurs propres mécanismes de recouvrement.


Un projet de loi stabilisé en attente d'adoption



Le diagnostic est posé et le cadre est fixé. Les discussions menées avec le Secrétaire Général du Gouvernement ont permis de stabiliser le projet de loi modifiant le texte de 1991 ainsi que le décret encadrant le statut de la SNR.


La direction de l'agence lance désormais un appel pressant aux autorités étatiques pour accélérer l'adoption de ce texte en circuit. Dans un contexte économique où la maîtrise des risques financiers est cruciale, le repositionnement stratégique de la SNR s'impose comme un levier incontournable pour assainir durablement l'économie nationale.

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Publié par

Harouna Fall

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