William, fils de Luc Nicolaï : « Le combat Modou Lo – Ama Baldé aura lieu» 

Actualité/Société

iGFM-(Dakar) De la prison de Saint-Louis où il est détenu depuis jeudi, pour purger sa peine de 5 ans, dont 1 mois avec sursis, dans le cadre de l’affaire de la drogue de Lamantin Beach, le promoteur Luc Nicolaï a donné de ses nouvelles, via son fils. William Nicolaï que L’Observateur a rencontré hier à Mbour, dans la bergerie familiale, explique la situation de son père et comment il compte représenter ses intérêts.  

Vous avez certainement rendu visite à votre papa à Saint-Louis. Comment vit-il sa situation carcérale ?  

L’arrestation de mon père nous a surpris, comme lui d’ailleurs. Il ne s’y attendait pas, sa famille non plus n’y était vraiment pas préparé. Mais nous avons pris ça du bon côté puisque ce n’est pas la première fois. Quand j’ai rendu visite à mon père samedi, j’ai trouvé un homme qui vit sa situation avec philosophie, qui vraiment tient le coup. Je l’ai trouvé avec le moral de fer que je lui connais depuis toujours. Même s’il se demande encore pourquoi cette arrestation maintenant. Il se pose des questions et attend des réponses de la part de ses avocats qui, heureusement sont très compétents. Mon père m’a fait appeler pour me parler de la situation et voir comment gérer le dossier avec les avocats, de comment je dois faire pour que son absence n’affecte pas la famille. Je m’y fais avec beaucoup de responsabilités, la famille aussi tient le coup, même si ce n’est jamais facile. 

 Est-ce vrai qu’il fait une grève de la faim pour être transféré à Thiès et se rapprocher de sa famille ? 

 Je ne sais d’où est partie cette rumeur. Luc Nicolaï croit en Dieu, c’est un disciple de Serigne Touba, donc il ne peut pas perdre la foi au point de faire une grève de la faim. Il vit ce qui lui arrive avec foi. Il ne fait pas de grève de la faim. Il s’alimente normalement. D’ailleurs, il m’a demandé de clarifier ce débat-là. Il fait savoir qu’il croit en Dieu et il sait que tout ça va finir un jour. Maintenant, il est vrai qu’il demande à être transféré à Thiès pour se rapprocher de sa famille. Ses avocats, Me Baboucar Cissé et Me Bamba Cissé, ont pris le dossier en main et nous espérons qu’ils auront gain de cause. Au delà même du transfert à Thiès c’est une libération que nous espérons. Il sait que les Sénégalais le soutiennent. Il m’a dit de remercier tout le monde, il a vu les messages de soutien, il a senti les prières et tout ça le rend plus fort. Il sait que le monde de la lutte se mobilise et qu’il y a des mouvements de soutien mis en place. Mais il demande à ses souteneurs de ne pas faire le déplacement jusqu’à Saint-Louis pour le voir. Il les dispense de ce long trajet. Il sait que les Sénégalais lui veulent du bien et c’est pourquoi il ne veut pas que sa situation carcérale freine ses activités. Aussi m’a-t-il dit de tout faire pour que son absence ne bloque pas ses projets, surtout le combat de lutte Modou Ama Baldé, tant réclamé par les amateurs.  

 Quels projets vous a-t-il confiés ? 

 Il y a avant tout ce combat de lutte avec frappe devant opposer Modou  à Ama Baldé. Depuis l’incarcération de mon père, les amateurs sont dans le doute. Mais je tiens à rassurer tout le monde. Ce combat aura lieu. La structure Luc Nicolaï and Co et moi n’allons ménager aucun effort pour terminer la mission. Les deux lutteurs peuvent continuer leur préparation, sachant que le combat aura lieu. Le contrat a été signé, les lutteurs ont encaissé leurs avances. Du moins, il reste des choses à finaliser avec Modou , mais rien qui puisse bloquer le combat. 

Comment sauver ce combat, si l’on sait que sans Luc Nicolaï, les partenaires auront des craintes ? 

Mon père avait pris les devants. Il m’a montré les ficelles du métier depuis longtemps. Maintenant que cette situation se pose, il faut que je mette en pratique tout ce que j’ai appris à ses côtés. Depuis 2014, j’accompagne mon père dans l’organisation de ses galas de lutte. Je l’accompagne lors des signatures des contrats, dans les discussions avec les partenaires, les sponsors. Je suis en contact avec tous les partenaires qui souhaitent travailler avec nous dans le combat. Les partenaires et sponsors savent bien qu’ils peuvent traiter avec moi, parce que je représente Luc Nicolaï. Et je ne crois pas que des partenaires vont bouder parce que Luc est en prison. Le plus important, c’est le combat et Luc Nicolaï and Co, avec un staff compétent, continue le travail. 

Organiser le combat Modou Ama Baldé n’est-ce pas un impossible défi pour vous ? 

 Je rappelle que je travaille avec mon père dans la lutte depuis 2014. J’ai échelonné. Je maîtrise tout, sans prétention. C’est vrai que j’ai toujours été dans l’ombre, mais là, la situation me sort du bois. Je suis persuadé que je vais y arriver avec le staff (Mbaye Diagne, Pape Faye, Rail, Ousmane Guingue, Ousmane Willane..) de Luc Nicolaï and Co. C’est vrai Modou Ama Baldé n’est pas une sinécure, mais c’est un challenge que je peux relever, tout en espérant que mon père sortira de cette passe pour se joindre à nous. 

Idrissa SANE