Et si la Côte d’Ivoire avait donné la recette au Sénégal pour terrasser la France ?

samedi 6 juin 2026 • 301 lectures • 0 commentaires

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Et si la Côte d’Ivoire avait donné la recette au Sénégal pour terrasser la France ?

iGFM (Dakar) D’abord malmenée puis complètement transfigurée au retour des vestiaires, la Côte d’Ivoire a signé un authentique exploit pour renverser l’équipe de France (2-1), jeudi 4 juin 2026, à Nantes, en match amical. Les Éléphants ont mis à profit plusieurs ingrédients qui pourraient donner des idées au Sénégal, adversaire des Bleus à la Coupe du monde 2026 le 16 juin prochain.

Le match France – Côte d’Ivoire est fini depuis un peu plus d’une heure. Le calme commence à envelopper La Beaujoire après une soirée rarement aussi grondante vécue par l’enceinte nantaise ces derniers temps. 


Le sélectionneur des Éléphants, Emerse Faé s’extrait du vestiaire, traverse le petit couloir menant à la zone mixte, où sont agrippés encore une dizaine de journalistes. 


Le technicien répond à deux-trois questions, puis à une dernière qu’on lui lance : la Côte d’Ivoire a-t-elle donné des idées au Sénégal pour faire mal à l’équipe de France, adversaire des Lions de la Teranga, le 16 juin pour leur entrée au Mondial ?


L’ex-milieu de terrain marque une petite pause. Un léger sourire étire ensuite son visage. « Ça, je ne sais pas. C’est à demander au staff sénégalais », lance-t-il un brin taquin.


Une présence athlétique imposante


Emerse Faé élude naturellement la question. Mais la prestation de ses joueurs, surtout en seconde période, a exposé pas mal de lacune des vice-champions du monde.


S’ils ont globalement subi la domination territoriale et technique de leur adversaire lors du premier acte, s’en remettant à un excellent Yahia Fofana, ses Éléphants ont rééquilibré et même renversé le rapport de force au retour des vestiaires avec des ingrédients basiques mais parfaitement exécutés : une présence athlétique imposante et une capacité à transformer une récupération ou une sortie de balle en situation dangereuse en quelques secondes.


Le but de l’égalisation naît ainsi d’une séquence particulièrement révélatrice. Emmanuel Agbadou ose casser les lignes par une passe plein axe. Nicolas Pépé oriente immédiatement le jeu vers l’avant. Guéla Doué attaque la profondeur. Quelques secondes plus tard, Mike Maignan est battu. Trois passes. Une projection. Un but.


« J’ai des ailiers de qualité »


La seconde réalisation suit une logique similaire : récupération, accélération, prise de profondeur et transmission rapide jusqu’à Amad Diallo.


« On a fait un pressing un peu plus haut et j’ai des ailiers de qualité, on avait vu que c’était un secteur dans lequel on pouvait rivaliser avec eux et leur causer des problèmes », a détaillé le technicien qui a offert au pays sa troisième étoile en 2024. Pendant de longues séquences, la Côte d’Ivoire a ainsi donné l’impression de chercher systématiquement la verticalité plutôt que la conservation.


Justement, dans ce registre, le Sénégal possède lui aussi des arguments redoutables. Ismaïla Sarr, Sadio Mané ou encore Iliman Ndiaye excellent lorsqu’il s’agit d’attaquer rapidement les espaces laissés dans le dos d’une défense. Et les Bleus ont parfois semblé vulnérables dès lors qu’ils étaient obligés de courir vers leur propre but.


Cette menace dans la profondeur pourrait constituer l’une des clés du duel du 16 juin, tant elle a perturbé les Français à Nantes.


« Ils (les Sénégalais) ont certainement regardé ce match attentivement, glisse au micro d’Afrik-Foot Seko Fofana. « Le Sénégal possède aussi une équipe très complète et cela ne sera pas simple pour la France. Aujourd’hui, les équipes africaines se sont améliorées sur les plans tactique, physique et technique. Nous n’avons plus de complexe. »


Autre potentielle faille à exploiter : le rôle des latéraux


Guéla Doué, impliqué sur les deux buts, a régulièrement attaqué les espaces laissés sur le côté gauche français, une zone qui continue de susciter des interrogations chez les Bleus.


Car ni Theo Hernandez ni Lucas Digne n’ont totalement rassuré lors de cette rencontre. Le premier peine à retrouver son influence offensive d’autrefois. Le second n’est pas exempt de tout reproche sur la faillite défensive des siens en seconde période.


Le Sénégal dispose justement de profils capables d’exploiter ce type de situations. Krépin Diatta et El Hadj Malick Diouf possèdent cette capacité à multiplier les courses, à répéter les efforts et à se projeter rapidement dans les espaces.


Mais cette piste comporte aussi sa part de risque. Car si les latéraux sénégalais montent trop haut, ils exposeront leur dos à des joueurs comme Ousmane Dembélé, Désiré Doué ou Bradley Barcola. Et face à des joueurs de classe mondiale, la sanction peut être cash.


« Quand les équipes africaines jouent contre la France…»


C’est sans doute l’équation que devra résoudre Pape Thiaw : trouver l’équilibre entre ambition et prudence. Mais il convient tout de même de relativiser le match livré par les Français. Didier Deschamps a largement fait tourner. Plusieurs cadres majeurs n’ont disputé qu’une mi-temps. D’autres, comme Ousmane Dembélé, William Saliba ou Désiré Doué, n’étaient même pas sur la pelouse.


Les Bleus rehaussent forcément le curseur lorsque la compétition commencera réellement. « Quand les équipes africaines jouent contre la France, elles sont hyper motivées. Ils (les Ivoiriens) ont mis de la densité », a malgré tout souligné Didier Deschamps comme pour mettre en garde contre tout relâchement.


Il le sait, cette densité avait déjà permis au Sénégal de créer l’exploit en ouverture de la Coupe du monde 2002. Une densité que la Côte d’Ivoire a retrouvée par séquences jeudi soir à Nantes. Alors le Lion va-t-il encore manger le Coq ?


Avec Afrikfoot
 

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Publié par

Mamadou Salif

editor

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