JUSTICE : 10 ans de réclusion criminelle requis contre un transporteur accusé de viol sur sa receveuse de bus

vendredi 24 juillet 2026 • 199 lectures • 0 commentaires

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JUSTICE : 10 ans de réclusion criminelle requis contre un transporteur accusé de viol sur sa receveuse de bus

iGFM - (Dakar) Le procès du transporteur A. Diouf, accusé de viol par son ancienne employée M. Barry, s'est tenu ce jeudi 23 juillet 2026 devant la Chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye. Alors que le parquet a requis une peine de 10 ans de réclusion criminelle, dénonçant un abus de subordination et des violences, la défense plaide l’acquittement. Le délibéré est attendu pour le 4 août 2026.

C'est une affaire judiciaire qui avait vivement ému le secteur des transports de la banlieue dakaroise à l'été 2023. En détention provisoire depuis le 4 août 2023, A. Diouf, transporteur de 44 ans domicilié à Yeumbeul, a comparu à la barre pour répondre des accusations de viol portées contre lui par sa receveuse de bus « Tata », M. Barry.


Deux versions irréconciliables à la barre


Au cœur des débats, la nature des relations entre l'accusé et la plaignante oppose diamétralement les parties.


La version de la victime : M. Barry a expliqué qu'à la suite d'un incident de circulation, elle s'était vu notifier une suspension injustifiée par son employeur. Invité par un chef de garage à régler le différend, A. Diouf l'a emmenée à bord de sa moto dans une auberge à Malibu Plage sous prétexte d'une discussion. Dans la chambre, l'employeur l'aurait immobilisée de force, menacée de mort et de sévices physiques avant de la pénétrer malgré ses supplications.


La ligne de défense de l'accusé : A. Diouf nie catégoriquement le viol. S'il reconnaît sa présence dans l'auberge, il soutient qu'ils entretenaient une liaison amoureuse secrète. Il évoque un acte buccal consenti et affirme avoir stoppé le rapport face au refus de la jeune femme d'aller plus loin.


Le témoignage déterminant du gérant de l'auberge


Plusieurs éléments sont venus étayer les déclarations de la victime durant l'audience. Entendu comme témoin, le gérant de l'auberge a rapporté avoir entendu des cris venant de la chambre et avoir vu la jeune femme descendre les escaliers en pleurs, affirmant avoir été violée.


Interpellé immédiatement par le gérant, le transporteur avait d'abord prétendu que sa compagne était consentante avant de lui remettre 5 000 FCFA pour son transport retour. Par ailleurs, l’expertise médicale de l’hôpital Roi Baudouin a fait état d’une déchirure hyménale ancienne.


Réquisitoire et plaidoiries : Entre rigueur judiciaire et thèse du complot financier
Estimant la matérialité du viol et le contexte de contrainte professionnelle parfaitement établis, le procureur de la République a requis 10 ans de réclusion criminelle contre l'accusé.


La défense, portée par un collectif d'avocats comprenant Mes Abdoulaye Tall, Mame Coumba Kane, Khady Sèye et Pape Mor Niang, a balayé le réquisitoire du parquet en réclamant l'acquittement pur et simple :


« La plaignante cherchait simplement à "battre monnaie". Au début de cette histoire, elle avait réclamé la somme de 500 000 FCFA, pour finalement percevoir 150 000 FCFA de la famille. » — Me Abdoulaye Tall, Avocat de la défense


M. Barry, qui n'était pas assistée d'un conseil, a confirmé avoir reçu ces 150 000 FCFA de la famille de l'accusé, tout en maintenant ses accusations malgré son désistement initial de l'action civile.


L’affaire a été mise en délibéré. La Chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye rendra sa décision le 4 août 2026.

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Publié par

Harouna Fall

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