Ismail Jakobs : "Le Sénégal a donné un coup de pouce à ma carrière..."

vendredi 16 février 2024 • 3323 lectures • 0 commentaires

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Ismail Jakobs :

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iGFM (Dakar) Dans cet entretien accordé à L’Observateur et à L1.com (site de la Ligue de Football Professionnel (France), via Teams, Ismail Jakobs parle de son épanouissement à l’AS Monaco, son adaptation à la Ligue 1 réputé championnat physique. Le défenseur des «Lions» n’a pas manqué d’évoquer sa déception après l’élimination en huitième de finale de la CAN2023. 

Vous êtes maintenant à votre troisième saison à l’As Monaco, quelle est, selon vous, la différence entre le football en Allemagne et en France, en termes de jeu de façon générale et ce que les entraîneurs attendent de vous ?

Chaque entraîneur a ses propres idées, ses propres attentes quant à la façon dont il veut que son équipe joue. Je pense que cette saison a été un peu différente, c’est un peu spécial la façon dont nous jouons. Nous construisons le jeu depuis l’arrière avec trois défenseurs, avec des ailiers, jouant une pression élevée. C’est vraiment différent de la façon dont nous avons joué auparavant sous Philippe Clément ou Niko Kovac. C’est certainement un grand changement sur le plan tactique, mais les principes de l’équipe : jouer avec un style offensif, dominer le jeu, appuyer, imposer notre jeu, restent les mêmes.

La Ligue 1 est considérée comme un championnat très physique. Est-ce un style qui vous correspond ?

Effectivement il y a beaucoup de joueurs physiquement forts en Ligue 1, et je pense que cela peut rendre le jeu difficile. J’ai l’impression de bien m’intégrer dans ce championnat, à cause de mon rythme, à cause de mon physique. Cela dit, je ne pense pas que ce soit quelque chose de propre à la Ligue 1. Nous avons beaucoup de joueurs africains, beaucoup de joueurs avec des qualités physiques.

L’AS Monaco occupe actuellement la troisième place de la Ligue 1, où pensez-vous que l’équipe va terminer ? La Ligue des Champions est-elle l’objectif ?

Notre premier objectif est d’atteindre la Ligue des Champions, retourner en Europe. Si nous pouvons aller plus haut pourquoi pas. Nous allons prendre match par match, mais pour le moment, je pense que le classement est vraiment serré, donc nous devons être concentrés dans chaque match. Lorsque vous perdez des points, vous pouvez être cinquième à nouveau, donc nous devons vraiment nous concentrer et nous accrocher à cette troisième place, parce que c’est une place de Ligue des Champions, et c’est ce que nous voulons atteindre.

L’entraîneur de l’As Monaco, Adi Hutter et vous êtes passés par le football allemand, ainsi que plusieurs autres joueurs de l’équipe. Voyez-vous une différence d’approche, un langage commun, comparé à la façon dont Philippe Clément a travaillé avec l’As Monaco?

Eh bien, Niko Kovac a aussi une formation allemande, le manager qui m’a amené ici. Je pense qu’il y a plus de connexion quand on parle la même langue. En termes de communication, mon anglais est bon, donc je n’ai eu aucun problème à parler avec les autres entraîneurs.

L’entraîneur s’est montré disposé à changer les systèmes en fonction des personnes disponibles. Pouvez-vous en parler ?

Je me sens plus à l’aise à jouer comme piston ou arrière gauche, pas comme ailier, mais tant que je suis sur le terrain, je suis heureux. Je pense que chaque match est différent ; il est parfois plus facile de jouer avec quatre ou cinq joueurs selon la situation. Je pense que la façon dont nous avons joué, avec des ailiers et un pressing, les équipes savaient ce que nous faisions et il est donc bon de cacher nos plans aux autres équipes. Ils ne savent pas si nous allons jouer avec quatre ou trois en arrière, donc de cette façon, nous sommes imprévisibles. Nous avons la qualité pour jouer dans les deux systèmes, alors pourquoi pas

Il y a des joueurs de différentes nationalités dans le vestiaire de l’AS Monaco - pouvez-vous dire comment vous faites pour vous entendre, et comment cela peut aider l’équipe en particulier à accueillir de nouveaux joueurs?

Pour ma part, je suis ici depuis deux ans et demi, et au début, mon français était nul, ou presque. Maintenant c’est beaucoup mieux. Je peux parler, communiquer, même si ce n’est pas aussi bon que je le voudrais. Pour cette raison, il m’est plus facile d’être plus proche des joueurs français, surtout les plus jeunes qui ne parlent pas vraiment anglais. Nous avons une équipe jeune et c’est un bon groupe. Il n’est pas difficile pour les nouveaux joueurs de s’adapter à l’équipe.

Vous venez de participer pour la première fois à la CAN, malheureusement, le Sénégal est sorti plus tôt que prévu. Est-ce que l’élimination en huitièmes de finale a été facile à digérer ?

Pour moi, c’est fait, j’ai digéré. C’était vraiment très difficile à accepter, mais j’ai l’impression que je n’ai pas vraiment le temps de m’y attarder : je suis revenu à Monaco tout de suite pour reprendre mes activités. C’était une période vraiment frustrante pour être honnête, mais j’ai l’impression que nous avons reçu beaucoup d’amour et d’appréciation de nos fans et de la presse. Tout le monde est derrière nous et il n’y a pas eu de commentaires négatifs. J’ai vu cela avec d’autres équipes, comme le Ghana, qui ont eu une réaction négative de la part de la presse et des fans, donc j’ai l’impression que le pays est derrière nous et croit encore en nous. Nous croyons aussi en nous-mêmes ; bien sûr, nous sommes frustrés d’être éliminés plus tôt que prévu, mais oui, nous sommes prêts à nous concentrer sur le prochain.

Comment expliquez-vous le visage des Lions face à la Côte d’Ivoire ? Le fait d’avoir reculé après avoir marqué très tôt ?

Je ne veux plus vraiment parler de la décision de l’arbitre sur le pénalty accordé à la Côte d’Ivoire, c’est derrière nous. On ne peut rien changer, si c’est une erreur. C’est le football. Quand on est en éliminatoire directe, ça se joue sur un match et en Afrique, il n’y a pas de match facile. Nous avons bien joué en phase de groupes, par exemple, mais ces matchs n’ont pas été faciles non plus. Lorsque vous atteignez les huitièmes de finale, c’est encore plus difficile. Il n’y a pas de match facile. Ce n’est qu’un match, et peut-être que nous avons aussi été un peu malchanceux de tomber sur la Côte d’Ivoire, même s’ils avaient fait un mauvais parcours en phase de groupes. Ils ont changé d’entraîneur, ils ont abordé ce match avec une mentalité différente. Ils étaient revenus de la mort, donc ils n’avaient rien à perdre, c’est ça le football.

Pouvez-vous nous parler du système utilisé par Aliou Cissé, correspond-il à votre façon de jouer à l’AS Monaco ?

C’est vrai que Krépin Diatta et moi, nous jouons tous les deux comme pistons pour le Sénégal et pour l’AS Monaco. L’entraîneur (Aliou Cissé) voulait essayer ce système aussi, en nous utilisant tous les deux, et je pense que cela a assez bien fonctionné. Le système est similaire oui, mais peut-être que pour le Sénégal, c’est un peu plus défensif que la façon dont nous jouons ici, mais les principes sont les mêmes et les joueurs sont à l’aise avec le style de jeu.

A-t-il été évident pour vous de trouver des automatismes avec Sadio Mané sur le flanc gauche ?

Tout de suite, nous avons eu une bonne connexion ; c’est un gars très gentil. C’est une personne ouverte, amicale avec tout le monde. On joue du même côté, donc on parle plus entre nous. C’est aussi quelqu’un qui a beaucoup de liens avec le latéral gauche- c’est quelque chose que j’apprécie vraiment chez lui. J’aime vraiment jouer avec lui.

A quoi devez-vous votre adaptation express en sélection, car aussitôt arrivé, vous avez gagné votre place pour la Coupe du monde au Qatar?

Comme je l’ai dit, je n’ai pas eu de problème pour m’adapter. Tout le monde est très sympathique et m’a bien accueilli.  On est ensemble depuis un moment, on a gagné des matchs ensemble, passer beaucoup de temps ensemble, cela devient une connexion différente, et maintenant je me sens plus à l’aise que lors de mes débuts. Je me suis toujours senti accueilli, apprécié. Je me sens toujours privilégié lorsque je joue pour le Sénégal et je suis toujours heureux de jouer.

Vos performances avec la sélection à la CAN ont-elles changé les regards en club ?

Certainement. Avant la Coupe du monde Qatar 2022, je ne jouais pas beaucoup à Monaco. J’ai rejoint l’équipe nationale du Sénégal, et j’ai bien joué, et les gens ont dit « OK, ce gars est bon, il peut jouer.» Je pense que cela a certainement donné un coup de pouce à ma carrière, et cette décision de jouer pour le Sénégal a été l’une des meilleures de ma carrière.

IDRISSA SANE

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Publié par

Birame Ndour

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