Alioune Diagne à Paris : « Saytu », l’artiste transforme les rituels sénégalais en archives picturales

mercredi 24 juin 2026 • 265 lectures • 0 commentaires

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Alioune Diagne à Paris : « Saytu », l’artiste transforme les rituels sénégalais en archives picturales

iGFM - (Dakar) Après le retentissement de la Biennale de Venise 2024, le peintre sénégalais Alioune Diagne pose ses valises à Paris. Du 24 juin au 18 juillet 2026, la Galerie Templon - Grenier Saint Lazare accueille « Saytu », une exposition gratuite de toiles inédites. Entrée libre, tout public.

En wolof, "saytu' signifie "rechercher", inspecter, afin de trouver et conserver ce qui est précieux". C’est exactement la démarche d’Alioune Diagne. Pendant deux ans, l’artiste a sillonné le centre et le sud-est du Sénégal à la rencontre de communautés minoritaires vivant dans des régions isolées.


Il a passé deux mois chez les Bassari, à Etiolo, puis s’est rendu deux fois chez les Bédik, à Ethiwar, Ibel, Iwol et Andjel. Il a partagé le quotidien des Dialonké à Madina Baffé et celui des Coniagui à Koupentoum, au centre du Sénégal. Des peuples dont certains rituels disparaissent progressivement.


Au plus près de ces communautés, Alioune Diagne a observé, documenté puis réinterprété masques, danses, costumes, musiques et chants. Sa technique repose sur l’assemblage de petits modules qu’il appelle "signes inconscients". Agrégés, ils forment des scènes figuratives d’une grande intensité.


Entre abstraction et figuration, certaines toiles comme Jeune fille Bassari (2025) frappent immédiatement. D’autres comme, la foule qui danse ou Sous l’arbre sacré (2025) demandent un lent déchiffrement, gardant le mystère de traditions transmises oralement. Influencé par le savoir-faire de son grand-père maître coranique, Diagne conçoit ce langage presque pointilliste comme un vocabulaire universel pour dire l’inexprimable.


Chroniqueur de son temps, l’artiste ambitionne de constituer "les archives futures du Sénégal". L’installation monumentale Faces/Time illustre cette démarche : 100 portraits d’anonymes croisés pendant son voyage. Des visages qui rappellent nos identités évanescentes sur les réseaux sociaux.


Parmi les communautés rencontrées, Diagne a porté une attention particulière aux femmes et à leurs rituels. La première ligne (2025) ou Rythme Dialonké (2026) rendent hommage à leur force et créativité, inscrivant ces traditions dans un dialogue contemporain sur leur place.


Au-delà du Sénégal, « Saytu » interroge la fragilité des patrimoines culturels à l’échelle mondiale. Comment ces héritages évoluent-ils aujourd’hui ? Quelle place occupent-ils demain à l’heure de la mondialisation ?


Une question que la peinture résolument contemporaine d’Alioune Diagne pose sans donner de réponse toute faite, invitant chacun à réfléchir à la manière de préserver et réinventer nos traditions.


Infos pratiques  


Alioune Diagne – Saytu  


Du 24/06/2026 au 18/07/2026  


Galerie Templon - Grenier Saint Lazare, 75003 Paris  


Gratuit, ouvert de 10h à 19h du mardi au samedi  


Renseignements : http://www.paris.fr/evenements/alioune-diagne-saytu-112136

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Publié par

Mame Fama GUEYE

editor

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