Les minutes de la confrontation entre Pr Seydi et son agresseur

Société

IGFM – C’est tard dans la soirée d’avant-hier que le Professeur Moussa Seydi a été confronté avec son agresseur Amadou Guèye qui sera déféré, quelques instants après son audition, par la Sûreté urbaine.

Lors de leur première rencontre, le Pr Seydi avait eu chaud. Le chef du Service des maladies infectieuses de l’hôpital Fann de Dakar a été seul devant son «agresseur» qui s’est défoulé sur lui. C’était dimanche dernier aux cimetières de Yoff. A leur seconde rencontre, la peur a changé de camp et le ton a été d’une autre intensité.

Cette fois-ci, c’est dans les locaux de la Sûreté urbaine de Dakar que Pr Seydi a fait face à son agresseur Amadou Guèye. C’est tard dans la soirée du mardi 28 au mercredi 29 juillet 2020 que le Professeur Moussa Seydi a été confronté avec l’ingénieur automobile. Amadou Guèye, qui était en compagnie de son oncle, a présenté ses excuses au Professeur Moussa Seydi, avant de reconnaître une partie des faits qui lui sont reprochés. Des sources proches de l’enquête confient qu’il a reconnu avoir traité le Professeur de «lâche», mais il a juré n’avoir jamais employé le mot «criminel».

«Je n’ai jamais dit qu’il a caché des morts ou qu’il serait complice de l’Etat dans le refus du rapatriement des corps des Sénégalais décédés de Covid-19 à l’étranger», s’est défendu en substance Amadou Guèye devant les enquêteurs. Les mêmes interlocuteurs renseignent que Guèye qui n’a pas cité nommément des compatriotes victimes du Covid-19, a indiqué qu’il craignait pour sa propre personne. Car, en tant que Musulman, il ne souhaiterait pas être enterré à l’étranger ou y être incinéré.

Le Professeur Seydi qui a sereinement écouté les explications de son agresseur, sous la supervision des enquêteurs, n’a pour autant pas retiré sa plainte. Il s’est limité à faire sa déposition. «Quand vous m’injuriez, je venais de prier sur la tombe de ma fille décédée il y a 18 ans», a balancé le chef du Service des maladies infectieuses de l’hôpital Fann à son agresseur.

«Il avait tapé avec force la portière de ma voiture, par politesse, j’ai baissé la vitre pour écouter ses complaintes», explique le Professeur Seydi. «Quand il a commencé à m’injurier, j’ai préféré continuer mon chemin. N’empêche, il me poursuivait avec son scooter tout en me cognant. Il m’a bloqué le passage à trois reprises et c’est à ce moment que j’ai pris la décision de relever le numéro d’immatriculation de sa moto», dit-il aux policiers. «Pourquoi tu fuis», lui disait Amadou Guèye, explique le Professeur qui précisera que ce type de comportement a coûté la vie à des médecins au cours de certaines épidémies en Afrique.

Mamadou SECK

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*