Un an après l’explosion meurtrière du port de Beyrouth, le Liban entre hommages et colère

mercredi 4 août 2021 • 337 lectures • 0 commentaires

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Un an après l’explosion meurtrière du port de Beyrouth, le Liban entre hommages et colère

iGFM (Dakar) Un an après l’explosion qui a ravagé le port de Beyrouth, le 4 août 2020, ce mercredi est un jour de deuil national au Liban. L’enquête a bien peu progressé depuis le drame qui a fait plus de 200 morts, et la colère de la population se fait sentir. De nombreux commerces et entreprises ont annoncé qu’ils resteraient fermés.

Sur le port de Beyrouth, une messe aura lieu en fin d’après-midi, et à 18h07 (heure locale), l’heure de l’explosion il y a un an, une minute de silence doit être observée. À cette heure-là, il y a exactement un an, le 4 août 2020, la capitale libanaise a été en partie soufflée par une gigantesque explosion qui a fait plus de 200 morts et des milliers de blessés.
Témoignage de Rita Freiha, qui fait partie des habitants de la ville meurtris par le choc. « Au début, je ne dormais pas, j'avais des cauchemars tout le temps. »
Avant cet hommage, dans l’après-midi, des cortèges s’élanceront à partir de trois points de rendez-vous en ville pour converger vers le port, des partis politiques et des groupes issus de la contestation, qui a débuté en 2019 au Liban, seront présents.
Et c’est là que réside la principale interrogation de la journée : quelle sera la part du deuil, de l’hommage, du recueillement ? Et quelle sera la part de la colère ? Parmi ces colères, il y a la colère des victimes de l’explosion de Beyrouth qui constatent que l’enquête fait du sur place puis un an : nombreux sont ceux qui veulent savoir pourquoi ce stock de nitrate d’ammonium été entreposé dans un hangar pendant des années et pour qu’elle raison il a explosé le 4 août 2020. Et puis la colère de Libanais aujourd’hui éreintés par la catastrophe économique qui avait commencé avant l’explosion du port il y a un an mais qui depuis n’a cessé de s’aggraver.
« Tout le monde est en colère »
Beaucoup ont décidé de descendre dans les rues, notamment les militants qui depuis près de deux ans se mobilisent contre la classe politique libanaise qu’ils jugent corrompue et incompétente. « Tout le monde est en colère. J’ai vécu l’explosion. Hier, je regardais les informations et j’ai eu une crise de panique. Tout le monde est en colère car rien n’a changé. Nous allons leur montrer que nous sommes en colère », résume Marouane Karam.
« Tout le monde a perdu quelqu’un. Nous avons tout perdu ce jour-là, rappelle-t-il. Donc nous allons dire “plus jamais ça”,  “nous voulons la justice”, “nous sommes le gouvernement”. Le peuple va demander qu’on lui rende son pays et dire aux dirigeants : “Nous voulons que vous partiez, nous ne voulons plus de vous. Maintenant, c’est nous, ce n’est plus vous.” ».
Des Libanais redoutent des violences et d’autres souhaitent des violences. « Nous allons à une manifestation pacifique, qui part de trois endroits pour converger vers le port à 18h. Et ensuite nous irons vers le Parlement, et là, je ne sais pas ce qui va se passer », explique le jeune homme.
Une conférence internationale pour la population
Une conférence internationale de soutien à la population libanaise se tient ce mercredi matin 4 août, en visioconférence. Une quarantaine de pays, l’ONU et d’autres organisations internationales se mobilisent, dont la France qui pilote cette conférence, la troisième du genre depuis un an. Il s’agit de rassembler quelque 350 millions de dollars pour une population libanaise confrontée à l’une des pires crises économiques depuis le XIXᵉ siècle. Et en ouverture, Emmanuel Macron a annoncé que la France allait apporter dans les douze mois 100 millions d'euros de « nouveaux engagements, en appui direct à la population » et envoyer 500 000 doses de vaccin contre le Covid-19 dès le mois d'août.
Les Libanais que l’on rencontre ces jours-ci racontent l’hyperinflation, les pénuries notamment de médicaments et les coupures d’électricité de plus en plus longues, sans savoir où s’arrêtera la descente aux enfers de leurs pays.
RFI

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Publié par

Mamadou Salif

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