«Celui qui n'est pas capable d'obéir n'est pas digne de commander»

mardi 9 novembre 2021 • 1517 lectures • 0 commentaires

Politique 3 semaines Taille

«Celui qui n\'est pas capable d\'obéir n\'est pas digne de commander»

PUBLICITÉ

Le chef de l’État, chef suprême des armées, Macky Sall, a présidé, hier, au camp Dial Diop, la 18e édition de la journée des forces armées. Il a été accueilli à son arrivée, à 10h 00, par le ministre des Forces armées, Me Sidiki Kaba en compagnie du Chef d’Etat-major général des armées (Cemga), le général de corps d’armée Cheikh Wade et du Haut commandant de la gendarmerie (Haut-com) le général de division Moussa Fall.

Placée sous le thème «Forces armées et résilience nationale», la Journée des forces armées a été marquée par les baptêmes des promotions de l’École militaire de santé (EMS) et de l’École nationale des officiers d’active (ENOA), mais également par l’inauguration du Musée des opérations extérieures et la remise des insignes de médailles à des militaires blessés en opérations. Le chef de l’État, Chef Suprême des armées a choisi le regretté médecin général de brigade Amadou Lamine Diagne comme parrain de la 53e promotion de l’EMS. Une promotion qui compte 50 récipiendaires dont 40 Sénégalais et 10 autres de nationalités différentes (Benin, Burkina Faso, Gabon, Congo, Cameroun et Côte d’ivoire notamment). Elle comporte également 20 femmes dont 18 Sénégalaises, 01 camerounaise et 01 ivoirienne. Né en 1937 à Marsassoum, le parrain est engagé volontaire le 15 septembre 1962 pour entrer à l’École Principale du Service de santé de Marine plus connue sous le nom «Santé Navale» de Bordeaux. 
Après son doctorat en médecine en 1968, il fut nommé à titre définitif au grade de médecin-lieutenant pour compter du 1er janvier 1968. En avril 1972, il est médecin-capitaine et médecin-commandant à compter du 1er avril 1977. Médecin-lieutenant colonel pour compter du 1er avril 1982, il atteint le grade de médecin-colonel le 1er octobre 1984. Le 1er juillet 1991, après de bons et loyaux services successivement au Centre médical de la Gendarmerie, aux centres médicaux de garnison de Thiaroye et du Quartier Dial Diop, à l’infirmerie hôpital de Ouakam (IHO) et au Centre médical de Dakar-Bango et avoir brillamment réussi au Concours du 2e degré à l’hôpital Levéran de Marseille (chirurgien des hôpitaux en 1978) et le concours de 3e degré (agrégation en chirurgie générale du service de santé des Armées en 1983), il est nommé au grade de médecin général de brigade. Le parrain de la 53e promotion de l’EMS est aussi titulaire de plusieurs décorations notamment de Commandeur dans l’Ordre national du Lion, Commandeur dans l’Ordre du Mérite et Officier dans l’Ordre du Mérite français. Atteint par la limite d’âge de son grade, le 12 janvier 1995, le médecin-général Amadou Lamine Diagne, qui était marié à une épouse et père de six enfants, est placé dans la 2e section (cadres de réserve), de l’Étatmajor général des Armées avant de décéder le 04 mai 2020 à Dakar. Pour ce qui est de la 40e promotion de l’École nationale des officiers d’active (ENOA), elle est forte de 107 récipiendaires dont 91 Sénégalais. Les 16 autres récipiendaires sont originaires du Burkina Faso, de la Côte d’ivoire, de la Gambie, de Guinée Bissau, du Congo, du Gabon, du Mali, du Niger et de la Mauritanie. Elle compte aussi 8 femmes dont 6 Sénégalaises et 2 Maliennes. 
Le chef de l’Etat a baptisé cette promotion du nom du capitaine Ibrahima Diédhiou, né en octobre 1961 à Ziguinchor et mort au combat, les armes à la main, à la tête du détachement avancé du Groupement Bravo articulé autour du 1er Bataillon d’infanterie en action offensive pour la conquête de la localité de Djibidione alors fortement tenue par des bandes armées déterminées. Le parrain de la 40e promotion de l’ENOA a, en effet, mené une brillante carrière dans les unités de combat. De
hef de section à la 31e compagnie du 3e Bataillon d’infanterie (Kaolack) au commandement de la 14e CVF du 1er Bataillon d’infanterie (Dakar), en passant par chef de section à la 11e CVF du 4e Bataillon d’infanterie (Kédougou), aux commandements de la 10e CVF (Bakel), de la 13e CFV du 1er Bataillon d’infanterie (Dakar), de la 9e CFV puis de la CCAS du 4e Bataillon d’infanterie (Tambacounda), le capitaine Ibrahima Diedhiou, incorporé le 18 septembre 1981 au titre de l’Académie Royale Militaire de Meknès (Maroc), est un modèle pour les générations futures d’officiers. A nom de la Nation, dont l’harmonie dans la diversité s’incarne dans nos forces de défense et de sécurité, le chef de l’État, Macky Sall, a salué les drapeaux et étendards des différentes unités de notre Armée. «Ce symbole vivace de votre attachement aux valeurs qui fondent la nation et la République est aussi l’expression de l’esprit de corps et de cohésion qui animent les différentes formations de nos armées. Je salue la mémoire de nos Jambaar arrachés à notre affection et exprime ma compassion à leurs familles. Aux malades, j’adresse tous mes vœux de prompt rétablissement. Je renouvelle mes encouragements à nos soldats engagés en opérations parfois au péril de leur vie à l’intérieur et hors du territoire national. Aux anciens, pionniers de la belle tradition républicaine de nos armées, je redis mon estime et mon appréciation pour les services considérables rendus à la nation dans l’honneur et la dignité» a ajouté le chef suprême des Armées.

PUBLICITÉ


« Nos forces armées doivent s’adapter pour tenir compte des menaces diffuses plus pernicieuses »

PUBLICITÉ


Abordant le thème de cette édition 2021 de la Journée des Forces armées qui se déroule dans un contexte tumultueux où les périls sont nombreux et profonds en ce qu’ils sont sécuritaires mais aussi sanitaires, économiques, sociétaux et environnementaux, le chef de l’État s’est dit convaincu «que le front de la guerre, les autres interventions classiques ne sont plus les seuls champs de déploiement des armées. Par conséquent, les menaces ne s’analysent plus selon les seuls paramètres habituels liés aux frontières terrestre, aérienne et maritime. Nous sommes obligés de tenir compte de ces menaces diffuses, donc plus pernicieuses, plus difficiles à prévoir, à cerner et à prendre en charge. Surtout qu’elles peuvent survenir sans signes avant-coureurs. La pandémie de Covid-19 en est une parfaite illustration. C’est toute la doctrine de défense nationale qui se trouve ainsi remise en cause imposant au soldat de s’adapter sans cesse aux nouveaux impératifs de sa mission». Et Macky Sall de poursuivre : «La résilience n’est pas seulement une question de moyens mais aussi d’état d’esprit endurant devant l’épreuve. Il reste que nos forces de sécurité et de défense doivent sans cesse réorganiser leur capacité d’intervention et réadapter en profondeur leur formation afin de toujours être à la hauteur des tâches qui leur sont assignées». Le chef suprême des Armées a donc promis de poursuivre les efforts pour le renforcement des ressources humaines et du matériel tout en mettant l’accent sur la réalisation d’infrastructures aux normes, l’adaptation des capacités opérationnelles aux défis sécuritaires et une meilleure prise en compte du volet social. S’adressant aux élèves officiers auxquels il a adressé ses chaleureuses félicitations, le chef de l’État a rappelé qu’ils rentrent dans la grande école. «Celle de la vie du soldat. Avec ses défis et ses pièges de tous les jours. Vous aurez à tester vos capacités de résilience dans un environnement qui vous exposera aux appels des sirènes, à l’explosion médiatique et au mirage des réseaux sociaux qui flattent les egos. Si vous voulez aller loin dans une vie militaire bien remplie, ces défis doivent appeler de votre part une résistance au quotidien. Pas forcément la résistance à une contrainte extérieure mais celle qui interroge le secret de votre conscience et vous met face à vos responsabilités. Alors gardez à l’esprit que ce qui fera votre grandeur d’âme, c’est votre for intérieur qui offre le dernier refuge aux valeurs du vrai soldat» a conseillé le président de la République aux nouveaux officiers. Et d’ajouter : «Souvenez-vous que le propre du vrai soldat est d’être aux ordres parce qu’il y a autant de valeurs, autant d’honneur à obéir qu’à commander. Obéir, c’est se préparer à commander. Celui qui n’est pas capable d’obéir n’est pas digne de commander. Par votre serment solennel, vous avez pris date avec l’histoire et avec votre carrière. Plus qu’un simple rituel déclamatoire, votre serment met à votre charge l’obligation d’obéissance à vos supérieurs, de loyauté à l’armée, d’attachement à la nation et de fidélité aux institutions de la République. Il vous engage à honorer vos parrains qui ont laissé à la postérité un exemple de générosité dans l’effort et le dévouement au service militaire ». Pour conclure son adresse aux jeunes officiers frais émoulus de l’Ecole militaire de Santé et de l’Ecole nationale des officiers d’active (ENOA) de Thiès, Macky Sall leur a confié le viatique suivant : « dans le voyage que vous entamez aujourd’hui, vous rencontrerez deux redoutables ennemis du soldat : le doute qui sape son moral et la lassitude qui ramollit son corps. Mais vous trouverez toujours dans le brillant parcours de vos parrains la meilleure arme contre vos ennemis. Vous y trouverez aussi le trait de lumière qui illuminera votre chemin pour éviter les obstacles et vous guider vers les sommets de l’excellence. 


Le Temoin 

Galerie photos

Cet article a été ouvert 1517 fois.

Publié par

Ndeye Rokheya Thiane

editor

Soyez le premier à commenter

Je m'appelle

Téléchargez notre application sur iOS et Android

Contactez-nous !

Daouda Mine

Directeur de publication

Service commercial