Garçon mutilés à Yeumbeul : Tout sur l’enquête

Société

IGFM-Après l’adolescent de 15 ans, un jeune individu de 17 ans a été interpellé par la police de Yeumbeul, dans le cadre de l’enquête sur l’affaire des deux enfants mutilés au sexe au quartier Bollé Mbaye de Yeumbeul-Sud. Cette seconde arrestation a permis aux enquêteurs de cerner tous les contours de cette affaire qui continue de défrayer la chronique dans la banlieue.

Interpellation d’I.K (15 ans) : C’est à Sindian, non loin de Mbour, dans la région de Thiès, que les policiers-enquêteurs sont allés cueillir le jeune I.K. Dans cette localité où ses parents l’avaient envoyé pour le soustraire à l’action de la justice, les policiers de Yeumbeul n’ont eu aucune difficulté pour le localiser, avant de l’interpeller. Une interpellation suivie de sa conduite au Commissariat de police de Yeumbeul. Comment les limiers se sont mis sur la piste de l’adolescent ? A Yeumbeul dés que cette affaire de mutilation au sexe a éclaté, les policiers se sont intéressés au profil des individus qui squattent les maisons abandonnées. Des lieux malfamés où les deux enfants âgés respectivement de 3 et 4 ans ont été conduits et mutilés. C’est au cours de cette collecte d’informations que les policiers de Yeumbeul se sont particulièrement intéressés à un adolescent surpris plus d’une fois par les populations, exerçant des sévices corporels sur des enfants. Un adolescent connu juste par un sobriquet et qui, très souvent, fugue de sa maison familiale pour squatter les maisons abandonnées du fait des inondations. Son domicile a été finalement localisé par les limiers et ses parents sommés de conduire le garçon auprès de l’enquêteur en charge de ce dossier à la police de Yeumbeul. Désireux de protéger leur enfant (réflexe naturel ?), ses parents qui avaient déjà organisé sa fuite dés que cette affaire a éclaté, se sont dépêchés de le «blanchir», en évoquant des obsèques à Sindian auxquelles l’adolescent est allé prendre part. «Qu’à cela ne tienne», se sont dits les enquêteurs qui ont continué leurs investigations, attendant tranquillement que le rapport du médecin-traitant de l’Hôpital Général de Grand-Yoff (Hoggy) où ont été évacués les deux enfants, leur soit livré. C’est ce rapport qui va tout précipiter. En effet, à la lecture du rapport et à l’analyse des blessures constatées sur les corps des deux enfants, les enquêteurs sont arrivés à la conclusion que ces mutilations ne sont pas l’œuvre d’un professionnel. Et si la piste d’un professionnel est écartée, cela ne peut être que l’œuvre d’un enfant. Une conclusion qui a remis les enquêteurs sur la piste de I.K. Cette fois, à l’insu de ses parents, les policiers de Yeumbeul se sont déplacés jusqu’à Sindian où ils ont localisé la maison qui a abrité les obsèques, avant de procéder à l’interpellation de I.K. C’était dans la nuit du samedi 28 au dimanche 29 avril 2018. Âgé de 15 ans, il a d’abord tenté de nier les faits, avant de craquer lors de sa confrontation dans les locaux de l’Hoggy, avec les deux enfants victimes de mutilation.

Arrestation M.C (17 ans) : Après son arrestation, les policiers qui ont reconduit I.K aux lieux de la mutilation, ont bénéficié d’un véritable coup de pouce. Des jeunes leur ayant soufflé que I.K est souvent en compagnie d’un autre, un peu plus âgé que lui, avec qui il squatte les maisons abandonnées. Ce jeune, répondant aux initiales de M.C, âgé de 17 ans, avait également déserté le quartier Bolé Mbaye, dés l’éclatement de cette affaire. D’une abnégation sans faille, les enquêteurs ont continué de «fouiller» Yeumbeul. Ils localiseront finalement M.C dans le bloc des quartiers de Hafia, avant-hier lundi, vers midi. Le bonhomme qui n’a pas vu les policiers lui foncer dessus, a été neutralisé et conduit au Commissariat.

Comment la piste du sacrifice a été écartée :

Longtemps évoquée, la thèse du sacrifice a fondu comme beurre au soleil, après l’audition des deux garçons par la police. En effet, dés les premiers constats, en analysant la nature des blessures des deux victimes, les policiers sont restés perplexes, convaincus que les mutilations n’étaient pas l’œuvre d’un professionnel. Ils écarteront définitivement la thèse du sacrifice, d’abord à la lecture du rapport du médecin et ensuite, après l’audition de I.K et M.C qui, tous deux, ont déclaré n’avoir agi sous l’influence d’un quelconque adulte.

Mobile ? La thèse du sacrifice écartée, restait maintenant à s’intéresser aux motivations des présumés auteurs, I.K et M.C. Pourquoi ont-ils fait montre de tant de cruauté, en procédant à des ablations sur la verge des deux gamins de 3 et 4ans ? S’intéressant à la personnalité des deux mis en cause (Voir par ailleurs), L’Obs a pu constater, particulièrement pour I.K, que leur imagination fertile leur a fait vouloir expérimenter une circoncision. Étaient-ils lucides au moment des faits ou ont-ils agi sous l’effet de substances enivrantes ? Sans être formels, les différents témoins approchés dans le bloc des quartiers Hafia penchent pour la deuxième hypothèse. «Ces maisons abandonnées sont des fumoirs de chanvre indien et des lieux d’inhalation d’acide cellulosique», assène un habitant.

L’arme de la mutilation : une lame. Elle n’a certes jusque-là pas été retrouvée, mais les différents témoignages, confirmés par des sources médicales, font état d’une lame que les mis en cause ont utilisée pour passer à l’acte. Ce qui exacerbe l’atrocité de l’acte et la douleur et le supplice subis par C. Ciss (3ans) et K. Sané (4ans).

L’Observateur