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« Comment mon entourage vit ma double casquette, boxeuse et juriste d’affaires »

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iGFM-(Dakar) Khadidja Timéra (35 ans) est une Sénégalaise qui vit en Angleterre. A Londres, la capitale anglaise, elle y passe le plus de son temps à allier boxe à son métier de juriste d’affaires. Mais, en raison du tournoi pré-olympique qui se joue à Dakar Arena notamment à Diamniadio, elle a mis de côté ses affaires pour défendre les couleurs du Sénégal. Une fibre patriotique même si elle a été stoppée sur la route de Tokyo. Quelques heures après ce revers, IGFM est entré en contact avec elle afin qu’elle nous parle de sa double casquette.

«Depuis 3 ans, je suis dans la boxe. Je suis dans le haut niveau et tous les jours, je m’entraîne matin et soir. Je suis juriste d’affaires, je travaille dans un cabinet d’avocat en tant que juriste d’affaires », fait-elle savoir.

12 ans d’expérience marqués par des sacrifices

Avant de devenir boxeuse, la native de France, a d’abord embrassé le métier de juriste après des études en Droit des Affaires en France, puis aux Etats-Unis où elle a eu un diplôme de l’université de Berkeley en Californie. Et ce, depuis plusieurs années. « Je suis dans ce domaine depuis 12 ans, je parle de tout, des études, stages et des expériences à l’international », confie-t-elle.  « En termes de volume, je ne prends de grosses affaires, des choses sur lesquelles, je m’implique. J’essaie de prendre des dossiers que je peux gérer avec des personnes que je connaisse parce qu’ils sont dans mon réseau. Et sur des secteurs que je maîtrise au minimum. Par rapport à ça, j’adapte mon calendrier sportif par rapport aux compétitions et le business », explique-t-elle. « Ce n’est pas sur le volume pour l’instant mais sur la qualité et la sur-mesure avec des clients d’une confiance engagée avec qui on va dans la même direction », précise-e-telle.

Ses proches se demandent pourquoi elle se fatigue autant

Une tête bien faite, Khadidja Timéra vit pour la boxe, une discipline dont elle est vraiment « amoureuse ». Mais, le hic est que son entourage voit les choses autrement. « Il y’en a qui sont admiratifs et beaucoup de mes proches me disent pourquoi je me fatigue autant. Je m’entraîne matin et soir et je maigris comme ça. Je prends des coups. S’il y a problème, un tel n’est pas d’accord avec un tel. On reste bloqué à l’aéroport à attendre pour de l’argent », révèle-t-elle. « Donc, il y a des gens qui ne comprennent pas pourquoi je m’acharne alors que je pourrai travailler dans de gros cabinets soit me concentrer sur mon activité. Et voilà », soutient-elle, indiquant que ce n’est pa facile d’allier la boxe et son travail qui l’a permis de créer une société de conseil en investissement.

Elle finance toute seule ses compétitions

Seule femme sélectionnée pour représenter le Sénégal au tournoi qualificatif aux Jeux olympiques de Tokyo 2020, Khadija Timéra a quand-même eu une préparation très compliquée sur la route du TQO. Forcément, financièrement on accepte d’avoir moins d’affaires. Donc, si on a moins d’affaires, on a moins d’argent. Après quand on finance toute seule les compétitions, ça fait encore moins d’argent », souligne-t-elle, indiquant que c’est la fibre patriotique qui passe avant tout. « La vie est un choix, et j’ai fait le choix de représenter le Sénégal. Je suis arrivée en regroupement et je suis tombée malade. Arrivée au Sénégal, c’était la dégringolade, il n’y avait pas d’argent. Du coup, c’est du rafistolage, mais je suis arrivée avec 100% de mental malgré les problèmes de transport. On fait avec, cela fait partie des enjeux. C’est compliqué. Mais, c’est un coût et je ne pensais pas que ça allait avoir un coût aussi élevé. Je me dis que peut-être ça vaut le coût surtout que j’ai un autre métier et je ne compte pas rester 10 ans dans la boxe », estime Timéra, qui espère se relever très bientôt.

Mamadou Salif GUEYE

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